Préparer le sol avant semis ou plantations La neige a fait sa révérence. Avant de se lancer dans les premiers semis ou premières plantations, un certain nombre de gestes est nécessaire pour bien commencer la saison au potager. Il est temps de préparer la terre ! Retirez le paillis Enlèvement du paillis au rateauLes premiers rayons de soleil printaniers commencent à réchauffer la terre ; sur les planches recevant les premières cultures, retirez le paillis d'hiver qui ne s'est pas décomposé et ajoutez-le au tas de compost ou sur le paillis restant en place. Sans sa couverture végétale, le sol pourra se débarrasser de l'humidité accumulée pendant l'hiver. Plus sec et plus chaud, il sera en mesure de recevoir ses premières graines. Nettoyez le sol Arrachage des mauvaises herbesLa mise en place d'un paillis l'hiver favorise la décomposition des déchets organiques et freine le développement des adventices. Il se peut cependant qu'il reste quelques racines et mauvaises herbes dont il faut se débarrasser pour ne pas gêner la mise en place des nouvelles cultures. Enlevez-les et alimentez-en le compost. Attention ! Certaines plantes spontanées sont utiles dans le jardin. Épargnez quelques pieds de pissenlits ou de véroniques pour leurs qualités mellifères appréciées des insectes auxiliaires, ainsi que quelques pieds d' orties pour la réalisation du purin. Aérez le sol Fourche bêche Fourche bêche Si le sol n'est pas resté nu durant l'hiver, sa préparation se trouve simplifiée. En effet, le système racinaire des cultures en place et les lombrics maintiennent une structure du sol aéré et souple nécessaire aux semis et plantations. Utilisez la grelinette pour émietter la terre et nivelez avec le râteau. Les plates-bandes qui recevront les légumes racines de type carottes ou panais doivent être travaillées plus en profondeur. La fourche bêche est donc recommandée. Dans le cas d'un sol resté découvert, ou si votre terre est lourde et compacte, optez pour le bêchage classique (voir Retourner la terre... ou non ?). Attention ! Avant toute intervention, assurez-vous que le sol soit suffisamment sec pour ne pas le compacter et le déstructurer. Nourrissez la terre Compost Le réchauffement de la terre annonce le réveil des micro-organismes et vers de terre ; c'est le bon moment pour faire un apport de compost mûr en prévision des cultures gourmandes ( courgettes, potirons, fraises, pommes de terres...). Quelques semaines avant les semis, mélangez-le superficiellement à la terre, à l'aide d'un croc (griffe). Engrais verts Si vous avez semé en automne des engrais verts sur les planches laissées libres, il est temps de couper ceux qui n'ont pas été détruits par le gel. Broyez-les avec une tondeuse à gazon ou fauchez-les et coupez-les à la binette ou tout autre outil tranchant. Une fois secs, utilisez le croc pour un enfouissement de surface. Attendez un bon mois pour y installer vos légumes. Anticipez les maladies et parasites Mieux vaut prévenir que guérir ! En prévision des futures attaques de mildiou ou de rouille, pulvérisez du purin d'ortie ou de prêle sur le sol avant la mise en place des cultures sensibles à ces maladies (comme les fèves que vous allez bientôt semer). Nourrie et choyée, la terre est prête à recevoir ses premiers semis. N'oubliez pas de dessiner le plan de votre potager, en prenant en compte deux principes essentiels pour le jardinage bio : la rotation des cultures et les cultures associées ; deux autres manières de faire de la prévention. Connaître son sol : calcaire Bien souvent, le jardinier est tenté de modifier son sol pour l'adapter à une culture précise. Et si, par une meilleure connaissance de la terre, il adaptait plutôt ses plantations à la nature de cette dernière ? Poursuite de la série de fiches consacrées à la nature des terrains, avec le sol calcaire. Composition du sol calcaire Avoir un sol calcaire est souvent assimilé à une calamité par les jardiniers. On parle de sol calcaire lorsque la terre contient de 10 à 30% de carbonate de chaux, toujours associé à de l'argile, ce qui donne une terre en outre plutôt collante... Comment le reconnaître ? Le sol est blanchâtre, d'aspect crayeux. La terre, légère et claire, se dessèche rapidement en été, avec des craquelures caractéristiques. Autre indicateur : la présence abondante de cailloux, qui remontent en permanence à la surface. Plantes témoin : le coquelicot, le trèfle blanc. Engrais ? Surtout pas d'engrais riche en chaux ! Ceux à base de sels d'ammoniaque sont adaptés; préférez-leur cependant les engrais verts... Avantages et... inconvénients Principal avantage : ces sols sont perméables à l'eau. Inconvénients : une certaine instabilité, qui favorise la pénétration des gelées. Les éléments fertilisants sont mal retenus, ce qui provoque par exemple la chlorose des feuilles (le calcaire actif gênant l'assimilation du fer par les végétaux). Le travailler Ce sol n'est pas pauvre en soit : le calcaire favorise la décomposition de la matière organique, et l'assimilation des engrais est favorisée. Pour améliorer la nature d’une telle terre, faites des apports de matières organiques comme le fumier de bovins. L’idéal est de semer des engrais verts aussitôt une récolte effectuée et de l’enfouir après la pousse. Cultures appropriées Fleurs Anémone, ancolie, dicentra spectbile (coeur de Marie), oeillet, pivoine, primevère Arbustes Buddléia, Clématite, Forsythia, Lilas, Seringat, Spirée, Yucca Arbres Aulne, Arbre de Judée, Bouleau, Charme, Hêtre, Marronier, Noisetier, Mûrier, Peuplier, Tilleul Légumes Aubergine, Carotte, Céleri, Chou, Echalotte, Laitue, Oignon, Pois, Pomme de terre, Radis, Salsifis, Tomate Fruitiers Noisetier, Noyer, Olivier, Prunier, Vigne. Connaître le sol humifère Bien souvent, le jardinier est tenté de modifier son sol pour l'adapter à une culture précise. Et si, par une meilleure connaissance de la terre, il adaptait plutôt ses plantations à la nature de cette dernière ? Après le sol argileux et le sol sableux, suite de la série de fiches consacrées à la nature des terrains, avec le sol humifère. Sol humifère Comment le reconnaître ? Un sol humifère est un sol riche en humus (résultat de la décomposition des matières organique d'origine végétale). La terre se caractérise par sa couleur noire ou très sombre. Elle contient beaucoup de débris végétaux, dont souvent des morceaux de bois non décomposés. Un sol humifère est signalé par la présence des plantes naturelles suivantes: •ortie, •fougère, •bouton d'or, •bruyère, •digitale, •genêt... Comportement du sol Cette terre s'avère spongieuse : elle retient très correctement l'eau, sans pour autant devenir imperméable et collante, comme la terre argileuse. Engrais ? Des engrais riches en chaux permettront de jouer sur l'acidité; cette terre étant relativement riche, évitez les apports d'azote trop importants (engrais avec une valeur de N forte). Avantages et... inconvénients Principaux avantages : Ce sol est très facile à vivre, notamment parce qu'il est se travaille sans effort. Compte tenu de son acidité, il permet la culture de plantes de terre de bruyère sans apport particulier, et sans avoir besoin de réaliser la classique "fosse" qui s'impose dans les autres sols. Inconvénients : Son acidité interdit la plantation de nombreuses plantes, qui ne pourront s'y acclimater. Cultures appropriées Fleurs Gentiane, lis, lupin Arbustes Camélia, azalée, bignone, cytise, houx, piéris, rhododendron Arbres Châtaignier, eucalyptus, liquidambar, magnolia Légumes Ail, carotte, céleri, fraisier, oseille, poireau, pomme de terre, tomate Fruitiers Airelle, framboisier, myrtille, pommier. Connaître son sol : sableux Bien souvent, le jardinier est tenté de modifier son sol pour l'adapter à une culture précise. Et si, par une meilleure connaissance de la terre, il adaptait plutôt ses plantations à la nature de cette dernière ? Après le sol argileux, suite de la série de fiches consacrées à la nature des terrains, avec le sol sableux. Composition d'un sol Petit rappel (voir le sol argileux), les 4 constituants d'un sol sont le sable, l'argile, l'humus et le calcaire. Intéressons-nous aux sols dans lesquels le premier élément prédomine. On parle de terre sableuse. Sol sableux Comment le reconnaître ? Une terre sableuse est facile à identifier. Au contact, une poignée de terre n'a pas de cohésion. Comme lorsque l'on serre le poing sur du sable. Du coup, le sol sableux s'avère très facile à travailler. Sa couleur est intermédiaire ni sombre, ni claire. Caractéristique très importante, il ne retient pas l'eau. Engrais ? Apportez des phosphates naturels, des sulfates de potasse et d'ammoniaque. Evitez les nitrates (qui traversent ce sol rapidement et polluent la nappe phréatique) Avantages et... inconvénients Principal avantage : très perméable à l'eau et à l'air, il se réchauffe rapidement. Un atout précieux en hiver, qui permet à de nombreuses plantes de se sauver même si le thermomètre fleurte avec des températures dangereuses! Inconvénients : en été, il va avoir tendance à sécher très rapidement. D'où des besoins assez importants en arrosage. Par ailleurs, comme il retient mal les éléments fertilisant, il faudra régulièrement amender le sol pour que les cultures ne l'épuisent pas complètement. Cultures appropriées Fleurs Agapanthe, Euphorbe, Géranium, Phlomis, Sedum Arbustes Berbéris, Cotonéaster, Cytise, Millepertuis Arbres Acacia, Albizia, Eucalyptus, Frêne, Peuplier, Phoenix, Sorbier Légumes Asperge, Fraisier, Haricot, Oignon, Radis, Salsifis Fruitiers Figuier, Ronce, Vigne