Fanchon et la rose magique En se promenant Devant la maison de ses parents, Fanchon cueille une rose. Une de celles qui étaient là, sur le rosier Que son papa avait planté Pour embellir le jardinet. Une rose Aussi rose Que les joues d'un nouveau-né. Caressant Délicatement La fleur de ses petits doigts, La fillette se dit tout bas : " Maintenant elle est à moi. " Puis, la contemplant de ses jolis yeux Et respirant son parfum délicieux, L'enfant se sentit soudainement désemparée. Portant lentement la rose sur son coeur, comme si elle éprouvait Un regret Que nul ne pourrait expliquer, Elle se mit à pleurer. " Je n'aurais jamais dû la cueillir. Par ma faute elle va se faner. Papa et maman seront très fâchés. " Comme elle prononçait ces mots, Soudain, la rose ouvrit tout grand ses pétales. Et, touchant de l'un d'eux le visage de l'enfant, Elle lui murmura doucement : " Petite fille, ne pleure pas ! Sèche tes larmes, écoute-moi ! Tu crains d'être punie Parce que tu m'as cueillie, Ne t'en fais pas ! Je vais arranger ça. Tout d'abord, tu vas m'emporter chez toi. Tu demanderas un grand verre d'eau fraîche à ton papa Dans lequel tu me mettras. Puis, dans ta chambre tu me conduiras, Et sur la table de nuit tu me poseras. " " Mais, je vais me faire gronder ! " Répliqua la fillette affolée. " Il n'en sera rien. Repris calmement la rose. Si tu fais ce que je viens de te dire, Tout se passera selon tes désirs. " Alors, l'enfant obéit sans mot dire. Un peu plus tard, quand la rose fut confortablement installée, Fanchon lui demanda émerveillée : " Quel genre de fleur est-u donc pour réaliser Ainsi tous mes souhaits ? " La rose resta silencieuse un instant. Puis elle soupira longuement Et lui répondit en souriant : " De ce rosier, je suis la plus magnifique. Mon nom est la Rose Magique. Je vis jusqu'à cent ans et ne me fane jamais. Des enfants et des fleurs, je suis la fée. Si tu fais un voeux, je l'exaucerait. " Oh ! Grand merci ! Tu es gentille ! Dit la petite fille. Je voudrait que tout le monde ici soit gai. " Et c'est ainsi que du matin au soir, on entendit papa blaguer, Mmaman chanter, On vit même les poissons rouges danser dans leur aquarium. Quand Fanchon regardait la télévision, Elle lui montrait des images qui ressemblaient à des nuages. La fillette fut si enchantée, Qu'elle remercia la rose en croyant rêver.