L'avion solaire enfin dévoilé. A la tête du projet Solar Impulse, les Suisses André Borschberg et Bertrand Piccard ont présenté près de Zurich le prototype de leur avion révolutionnaire. Six ans après la première étude de faisabilité, le projet Solar Impulse est devenu une réalité. Le premier avion solaire, capable de voler jour et nuit sans la moindre goutte de pétrole a été dévoilé vendredi 26 juin à Dubendorf, près de Zurich (Suisse), lors d'une cérémonie réglée comme un show hollywoodien. Huit cents personnes, dont plus de deux cents médias internationaux, avaient fait le déplacement jusqu'au hangar où l'aéronef était en cours de montage depuis plusieurs mois. Des parrains du projet, tels qu'Albert de Monaco ou l'explorateur français Jean-Louis Etienne, étaient présents. Moritz Leuenberger, conseiller fédéral suisse chargé des transports et de l'énergie, avait aussi tenu à marquer l'événement, ainsi que le président de l'IATA (Agence internationale du transport aérien) et les dirigeants des nombreuses entreprises partenaires. L'événement était également suivi en direct depuis la Chine, probable escale d'un tour du monde programmé pour 2012. Vingt mois après la révélation, en novembre 2007, du « design » définitif de cet avion unique (dont l'envergure de 63 mètres le rend comparable à un avion de ligne mais dont le poids, 1600 kg, ne dépasse pas celui d'une voiture et dont la puissance équivaut à celle d'un scooter), le prototype HB-SIA s'est enfin offert aux regards, lors d'un moment visiblement riche en émotions pour l'équipe, à laquelle Bertrand Piccard et André Borschberg, les deux patrons et futurs pilotes de Solar Impulse, ont rendu un hommage appuyé. Un symbole de promotion des énergies renouvelables « Hier, c'était un projet, aujourd'hui, c'est un avion, demain, ce sera un symbole de promotion des énergies renouvelables », a affirmé Bertrand Piccard, pour qui « la plus grande aventure du XXIe siècle ne consiste pas à retourner sur la Lune, mais à se rendre indépendant des énergies fossiles ». « Solar Impulse n'est pas seulement un avion, mais aussi un message. Vous avez vu l'avion, repartez avec le message », a encore martelé le petit-fils du physicien Auguste Piccard, qui veut voir dans cette audacieuse entreprise « le symbole d'une société qui a besoin de changer d'état d'esprit » pour préparer le monde de demain. La technologie existe, il nous faut de l'audace, du courage politique et la volonté de modifier nos comportements quotidiens, a-t-il conclu en substance. En attendant, l'oiseau géant, qui n'offre qu'une seule place (celle du pilote) doit encore se préparer à prendre l'air, selon un programme d'essais très progressifs, supervisé par l'ancien astronaute et pilote d'essai suisse Claude Nicollier. Le prototype devrait quitter le sol avant la fin de l'année et accomplir son premier grand vol au printemps 2010. L'aventure ne fait que commencer. ARNAUD SCHWARTZ, à Dubendorf (Suisse). ** L'avion solaire, ambassadeur des énergies renouvelables. L'équipe Solar Impulse, emmenée par les Suisses André Borschberg et Bertrand Piccard, dévoile vendredi 26 juin le fruit de six années de mise au point. Cent ans après la traversée de la Manche par Louis Blériot, l'avion solaire élaboré en Suisse par l'équipe Solar Impulse de Bertrand Piccard et André Borschberg, renoue avec l'esprit des grands pionniers. Fruit de six années de recherche et de construction, l'aéronef dévoilé vendredi 26 juin à Dubendorf, dans la banlieue de Zurich, est à la fois une prouesse technologique, l'objet d'une belle aventure humaine et le symbole d'un siècle confronté à deux défis majeurs, climatique et énergétique. Avant de le voir, il faut imaginer cet incroyable appareil, qui a nécessité, dans bien des domaines, de repousser les limites de la technologie disponible, avec l'expertise de partenaires tels que le groupe chimique Solvay, Dassault Aviation, Altran ou Omega, l'une des branches du groupe Swatch. Le prototype présenté, qui devrait effectuer ses premiers essais en vol au coeur de l'été, sous la responsabilité du spationaute et pilote d'essai suisse Claude Nicollier, est une sorte de libellule géante et délicate, capable de tenir l'air de jour comme de nuit, recouverte de 12 000 cellules photovoltaïques, exclusivement nourrie par les rayons du soleil et ne rejetant aucune pollution. Un engin hors norme, dont l'envergure des ailes, de 63 mètres, le rend comparable à un gros avion de ligne, mais dont le poids (environ 1,6 tonne avec ses 400 kg de batteries) est proche de celui d'une voiture, et dont les quatre moteurs électriques développent ensemble une puissance guère supérieure à celle d'un scooter. N'offrant qu'une seule place (celle du pilote !), le Solar Impulse devrait entamer en 2010-2011 une succession de grands vols records avant d'accomplir, en 2012, un tour de la planète en vingt à vingt-cinq jours et cinq étapes. Non que l'appareil, potentiellement capable de voler perpétuellement, ait besoin de retoucher terre : il faudra seulement tenir compte de l'incapacité, pour ceux qui prendront place à bord de cet oiseau plutôt lent (45 à 70 km/h), de vivre plus de quatre à cinq jours assis dans un minuscule habitacle. Il s'agit d'imprimer un élan, d'offrir un exemple marquant En dépit de son audace conceptuelle - aucun avion à la fois aussi grand et aussi léger n'a jamais pris l'air -, Solar Impulse n'a pas vocation à ouvrir, à court ou moyen terme, une nouvelle voie dans le transport aérien. Le pas technologique qui permettrait d'acheminer 300 passagers d'un pays à l'autre grâce à la seule énergie solaire n'est pas près d'être franchi. À l'origine du projet, Bertrand Piccard, 51 ans, héritier d'une lignée de scientifiques et d'explorateurs suisses, envisage l'avion solaire comme un « ambassadeur » des énergies renouvelables. Un outil dont la portée symbolique, espère-t-il, permettra de donner force à une nécessaire et urgente « mutation des esprits ». En suscitant du rêve, mais aussi en montrant par l'innovation technologique, par la recherche d'une « efficacité énergétique » toujours plus exigeante, que les énergies renouvelables peuvent être source d'exploits, alors qu'elles ont longtemps porté une image de contre-performance. Il s'agit donc d'imprimer un élan, d'offrir un exemple marquant, qui donne envie aux citoyens de changer leurs habitudes et aux entreprises de créer une synergie entre les sphères de l'écologie, du progrès technique et de l'économie. En s'engageant pour plusieurs jours dans des vols intercontinentaux, Solar Impulse recourra à une source d'énergie épargnant la planète, mais devra aussi la gérer le plus finement possible, sous peine de chuter en pleine nuit, les batteries vides. Un double défi qui est aussi, martèle Bertrand Piccard, celui du XXIe siècle. Arnaud SCHWARTZ. ** DOSSIERS. Image virtuelle de Solar Impulse en vol (image Solar Impulse/EPFL Claudio Leonardi). http://www.la-croix.com/dossiers2/sommaire.jsp?docId=2306723&rubId=28342 Lancé en 2003 par le Suisse Bertrand Piccard, mis en oeuvre par son compatriote André Borsch berg, le projet d'avion solaire capable d'emmener un pilote pour des vols de longue durée, de jour comme de nuit, sera bientôt une réalité. Un vol virtuel s'était déroulé en mai 2008 à Dübendorf, près de Zurich. L'occasion pour les deux patrons et futurs pilotes de « Solar Impulse » de tester, chacun pendant 25 heures, le comportement de l'avion dans des conditions météorologiques réelles, d'éprouver les systèmes d'interface homme-machine ou l'ergonomie du cockpit. Vendredi 26 juin, l'équipe de "Solar Impulse" a enfin dévoilé l'avion au public. Un grand jour avant les prochains essais en vol. Diaporama : Solar Impulse en images. http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/album/solarimpulse/index.html Audio: André Borschberg, "Le passage au vol de nuit sera notre plus grand défi". http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2379504&rubId=786 L'avion solaire élaboré en Suisse par l'équipe Solar Impulse de Bertrand Piccard et André Borschberg, renoue avec l'esprit des grands pionniers. Il a été présenté, vendredi 26 juin, à Dubendorf, dans la banlieue de Zurich. André Borschberg nous présente l'aéronef. Il nous livre aussi les secrets de sa fabrication jusqu'aux premiers essais qui auront lieu dans les semaines à venir. André Borschberg (à gauche) et Bertrand Piccard (à droite) présentent la maquette de Solar Impulse (AFP/Fabrice COFFRINI). Pouvez-vous nous présenter en quelques mots l'avion ? Quelles sont ses caractéristiques ? Après des années d'études, les phases de conception et de réalisation sont désormais terminées. Solar Impulse s'apprête enfin à être testé. Quels ont été les moments clés dans l'élaboration du projet ? Quelles vont être maintenant les prochaines étapes à franchir ? A quoi vous attendez-vous pour votre première prise de commandes de l'avion ? Propos recueillis par Arnaud SCHWARTZ. Claude Nicollier : "Il nous faut quelques mois encore pour terminer l'avion". http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2379556&rubId=31741 Claude Nicollier est pilote, responsable des essais en vols de Solar Impulse. L'ancien spationaute était présent à la présentation de l'avion vendredi 26 juin. Propos recueillis par Arnaud Schwartz. Suivez le vol virtuel ici http://www.solarimpulsevirtualflight.com/ Vidéo du prototype Solar Impulse, l'avion solaire. http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2320254&rubId=37551 Le prototype de l'avion solaire dévoilé. http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2319454&rubId=5547 Audio : Bertrand Piccard et André Borschberg détaillent leur projet. http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2319762&rubId=31741 Le tour du monde en avion solaire. Les Piccard, trois générations d'exploits scientifiques. Solar Impulse, une aventure technologique fascinante. Sur Internet : Solarimpulse.com, le tour du monde virtuel en avion solaire. Audio : Arnaud Schwartz : "Solar Impulse est un symbole pour promouvoir les énergies renouvelables" > visite guidée de la-croix.com. ** Les Français séduits par le solaire. L'énergie solaire s'impose peu à peu dans le pays qui accueille jusqu'à dimanche 28 juin une rencontre internationale sur la recherche et le développement de la filière. Un ouvrier fixe un rouleau de panneau photovoltaïque, le 15 avril 2008 à Laudun, lors de l'installation de la plus grande centrale photovoltaïque d'Europe intégrée en toiture La France redécouvre le solaire. D'abord pionnier dans le développement de cette énergie renouvelable, aux lendemains du premier choc pétrolier, avant de s'en détourner pendant les décennies 1980 et 1990, le pays cherche aujourd'hui à rattraper le temps perdu. Son jeune Institut national de l'énergie solaire installé près de Chambéry, fer de lance national dans la recherche et le développement de la filière, accueille pour trois jours, du 26 au 28 juin, le « Solar event », un événement international pour les professionnels et le grand public. 1. Le solaire est-il à la mode ? Le soleil a fait tilt dans les esprits. Au cours des trois premiers mois de 2009, 4 500 foyers ou entreprises ont été raccordés au réseau électrique géré par Électricité réseau distribution France (ERDF) afin de vendre leur production d'électricité d'origine solaire à EDF. Le nombre total d'installations solaires a ainsi grimpé de 43 % en trois mois. La France avait signé en 2006 l'acte de naissance ou plutôt de renaissance du solaire sur le sol national en instaurant un tarif de rachat très incitatif pour l'électricité photovoltaïque (PV), comme cela se pratique dans les pays qui soutiennent le développement de la filière. Depuis lors, une myriade de petits producteurs ont vu le jour. Ils étaient 15 034 fin mars 2009. Mais ce que les chiffres ne disent pas, c'est qu'ils sont encore beaucoup plus nombreux à vouloir être raccordés au réseau. ERDF éprouve des difficultés à venir à bout d'une file d'attente de. 19 000 demandes de raccordement. Sans compter que plus de 3 000 nouveaux dossiers arrivent sur ses bureaux chaque mois. « On atteindra sans doute 40 000 à 50 000 demandes en 2009 », prévoit François Henimann, directeur du service raccordement d'ERDF. « On n'imaginait pas qu'il y aurait un tel intérêt », s'étonne Laurianne Senié, chargée de mission photovoltaïque à la chambre d'agriculture de l'Ariège. La chambre a décidé d'aider les agriculteurs du département qui souhaitent s'équiper en solaire PV. Résultat : 55 agriculteurs se sont lancés dans la production l'an dernier et 74 cette année pour la seule Ariège. Le solaire photovoltaïque commence ainsi à essaimer dans tous les secteurs. Après les particuliers qui ont joué le rôle de pionniers en s'équipant de très petites installations, d'une puissance inférieure à 3 kilowatts crêtes (kWc), vient le tour des grandes installations sur les hangars agricoles, les toits de supermarchés ou de bâtiments des collectivités territoriales et bientôt des grandes centrales solaires au sol. Parmi les dossiers en attente à ERDF, 150 installations sont supérieures à 250 kW, 80 supérieures à 3 mégawatts (MW) et même 8 à 10 MW. Paradoxalement le solaire thermique (qui sert à chauffer l'eau), filière économique plus ancienne et plus mature, progresse moins vite, mais progresse tout de même : 329 000 m2 ont été installés sur les toits en 2007 et 394 000 en 2008. 2. Quels sont ses atouts et ses limites ? À court terme, nul doute que le solaire thermique a plus d'atouts que son homologue photovoltaïque. Selon les régions et les niveaux d'ensoleillement, un chauffe-eau solaire (CES) couvre 50 à 70 % des besoins annuels en eau chaude d'un foyer, le CES étant toujours couplé à une chaudière traditionnelle pour assurer le complément. « Il deviendra obligatoire dans la prochaine réglementation thermique et va se généraliser sur le bâti neuf », fait valoir Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Un chauffe-eau solaire coûte environ 5 000 euros et bénéficie du crédit d'impôt développement durable (plafond de 16 000 euros sur cinq ans) - cette aide pouvant se cumuler avec l'écoprêt à taux zéro (jusqu'à 30 000 euros) et les aides des collectivités territoriales. Mais la crise et l'effondrement du prix du pétrole ont ralenti le développement de la filière, avant qu'une remontée du prix du baril n'inverse très certainement à nouveau la tendance. « Le crédit d'impôt est phagocyté par le solaire photovoltaïque », assure, de surcroît, Jean-Louis Bal. Les opérateurs ont, en outre, développé des formules financières permettant de financer complètement l'installation photovoltaïque grâce à la revente d'électricité. En outre, les capteurs dans les différentes technologies augmenteront leur rentabilité et les coûts encore élevés baisseront. L'horizon cependant se rapproche vite. Dans les pays où l'électricité est chère, la parité réseau, c'est-à-dire la convergence des prix entre l'électricité solaire et celle du marché, devrait intervenir dans les années dès avant 2020. En France, le bas coût de l'électricité d'origine nucléaire (0,11 euro/kWh) ne plaide guère pour le développement du solaire photovoltaïque (0,60 euro/kWh) qui génère un surcoût financé par les consommateurs au travers de la contribution au service public de l'électricité (CSPE). 3. Les perspectives pour 2020 sont-elles tenables ? « Les objectifs seront largement dépassés », s'exclame Richard Loyen, délégué général d'Enerplan, l'association des professionnels du solaire. En 2005, l'administration française tablait sur 1 000 MW pour 2020. Or, la file d'attente actuelle des 19 000 raccordements s'élève déjà à 760 MW. Le Grenelle de l'environnement a donc révisé à la hausse les objectifs pour les fixer à 5 400 MW pour 2020. « Cela reste totalement sous-dimensionné », estime Adel El Gammal, de l'Association européenne de l'industrie photovoltaïque, qui vient de publier un rapport « Perspective 2020 ». « En 2000, Epia avait envisagé 3 gigawatts (GW ou 1 000 MW) en Europe en 2020. On nous prenait pour des fous, mais près de 5 GW ont été installés l'an dernier », rappelle Richard Loyen. Les objectifs fixés par le Grenelle paraissent plus que jamais insuffisants, confirme l'étude de PricewaterhouseCoopers sur l'état de la filière photovoltaïque en France parue en mars. Enerplan et Soler, la filière solaire du syndicat des énergies renouvelables, visent pour la France une fourchette allant de 12 à 16 GW, soit deux à trois fois plus que le Grenelle. « Il n'y a pas encore une pleine compréhension du potentiel du photovoltaïque en France », estime Adel El Gammal. La programmation pluriannuelle des investissements en matière d'énergie présentée début juin par le ministre Jean-Louis Borloo reste cependant calée sur les objectifs du Grenelle, 1 % d'électricité solaire en 2020, et table essentiellement sur un développement du solaire thermique. Trois millions de foyers devraient être équipés de chauffe-eau solaires en 2012 et près de neuf millions (soit 30 % des foyers) en 2020. 4. Le solaire peut-il créer des emplois ? « On paye cher de n'avoir pas cru au soleil pendant vingt ans. D'autres pays, surtout l'Allemagne, n'ont pas attendu pour développer une industrie. Mais la bataille n'est pas perdue et aujourd'hui la France a de nombreux atouts », reconnaît Richard Loyen. En matière solaire la France est finalement partie lentement mais sûrement. Le développement du secteur y est « plus maîtrisé et plus durable » qu'en Espagne ou en Italie, affirme le rapport PricewaterhouseCoopers. Chez nos voisins du Sud, la forte croissance du solaire est le fait d'une spéculation effrénée sur des parcs de grande taille, explique le rapport. « On a une très bonne couverture du territoire », se réjouit Francky Boisseau de Qualit'ENR. Cet organisme créé en 2006 gère les labels de qualité Qualisol pour le thermique et QualiPV pour le photovoltaïque. En 2008, on recensait 13 000 installateurs chauffagistes ou plombiers ayant un label Qualisol et cette année 3 800 couvreurs et électriciens ont acquis le nouveau label QualiPV. « Si, il y a un an, un particulier ne savait pas où s'adresser, aujourd'hui partout en France on peut faire appel à un artisan qualifié, affirme Francky Boisseau, et ces très petites entreprises sont une source majeure de développement de l'emploi. » « Le potentiel d'emploi sera d'autant plus important que l'industrie sera très délocalisée », ajoute Christian Cachat, président d'Apesi, l'Association des producteurs d'électricité solaire indépendants créée au début de l'année et qui milite pour que les PME et TPE se fassent une place sur le marché aux côtés des quelques gros acteurs historiques. C'est sur l'amont de la filière, la fabrication industrielle de panneaux PV et thermiques, que le retard français est le plus manifeste en dépit de la présence historique des industriels Photowatt pour le PV ou Clipsol pour le thermique. Il faudra pourtant des installations industrielles, françaises ou étrangères, pour alimenter le marché français jugé stratégique au niveau européen. À l'instar du chauffagiste allemand Viessmann qui développe son unité de production de capteurs solaires thermiques à Faulquemont, en Moselle, pour produire près de 300 000 panneaux par an. Marie VERDIER. ** Toutes les définitions du solaire. Le solaire thermique transforme le rayonnement du soleil en chaleur grâce à des capteurs thermiques. Il sert à chauffer l'eau sanitaire, et parfois contribue également au chauffage des bâtiments : on parle alors de systèmes solaires combinés (SSC) chauffe-eau + chauffage. Le solaire photovoltaïque (PV) est dédié à la production d'électricité. Des capteurs transforment l'énergie des photons de la lumière en un courant électrique continu. La puissance installée se mesure en watts crêtes (Wc). Technologies Il existe deux grandes technologies pour le solaire PV. La filière cristalline à base de silicium est ultra-dominante. Elle représente 87 % du marché mondial. Cependant, la jeune technologie dite « couches minces », qui recourt à divers matériaux dont le silicium, se développe. Soler, le groupement français des professionnels, estime que les deux filières progressent et que l'on ne peut préjuger de la suprématie à venir de l'une ou l'autre. Les statistiques Le solaire thermique : 4,6 millions de mètres carrés ont été installés en 2008 dans l'Union européenne contre 3 millions en 2007, soit une croissance de 51,4 %. Le parc installé eu Europe s'élève à 28,5 millions de mètres carrés, dont près de 40 % en Allemagne. Mais si l'on considère le niveau d'équipement par habitant, alors Chypre arrive en tête, suivie de l'Autriche et de la Grèce, l'Allemagne arrive à la 4e place et la France en 14e position. Le solaire PV : en 2008, l'Union européenne a multiplié par plus de deux son niveau d'installation par rapport à 2007 : 1 825 mégawatts crêtes (MWc) en 2007, 4 592 en 2008. Le parc global de l'Europe des 27 s'élève à 9 533 MWc, trusté à plus de 90 % par l'Allemagne et l'Espagne. Ces deux pays sont également largement en tête en niveau d'équipement par habitant. La France occupe la 12e place.