Nutriments anti-douleur Vous l'ignorez peut-être encore. mais il existe une vitamine qui soulage les douleurs lombaires chro­niques, une coenzyme capable de faire disparaître les douleurs gingivales et des acides gras reconnus pour leur faculté à calmer les douleurs menstruelles. Il existe aussi un phyto-ingrédient très précieux en cas de syn­drome de douleur pelvienne chronique et même un probiotique dont l'action antidouleur au niveau intestinal est similaire à celle de la morphine ! Et ce ne sont là que quel­ques exemples de nutriments antidouleur. Il existe enfin un régime alimentaire initialement développé pour combattre le cancer, mais qui s'avère très efficace sur les douleurs chroniques rebelles, en particulier les douleurs neuropathi­ques. Tout cela, et bien d'autres choses encore. vous allez le découvrir dans cet article destiné à mettre en valeur le potentiel de la nutrition thérapeutique dans le traitement de la douleur. DES NUTRIMENTS ANTIDOULEUR La vitamine C : chez des patients souffrant de cancers osseux, on a observé que la prise quotidienne de 3 g de vitamine C entraînait une diminution des dou­leurs osseuses. • La vitamine D : la carence en vitamine D est une cause méconnue de douleur diffuse chronique et de dysfonc­tionnement neuromusculaire. Il n'est pas rare d'observer des déficiences en vitamine D chez les fibromyalgiques. Dans une étude récente, un supplément de vitamine D a soulagé, voire enrayé, la douleur chronique chez un pe­tit groupe de patients souffrant de douleurs lombaires chroniques. • La vitamine BI : une déficience en vitamine B1, la « vi­tamine de l'optimisme », contribue à augmenter la sensibili­té à la douleur. Les meilleures sources complémentaires de vitamine B1 sont la levure de bière et la spiruline. Veiller à l'équilibre de la microflore intestinale est également indis­pensable dans la mesure où les lactobacilles favorisent une assimilation plus efficace de la vitamine B1. • Le silicium : en raison de ses propriétés à la fois antalgique et anti-inflammatoire et de son affinité pour les os, les articulations et la peau, le silicium organi­que est très indiqué en cas de douleurs arthritiques et arthrosiques ou de douleurs traumatiques telles que coup de soleil, brûlures et piqûres. Sa faculté à soula­ger rapidement les douleurs fait que l'on adopte très vite ce produit. Dans maintes situations (arthroses diverses, bec osseux à l'épaule, grave brûlure de la bouche...), j'ai pu vérifier que la réputation du silicium organique n'était pas usurpée. Deux témoignages récents de son étonnante efficacité : « Mon frère (55 ans) souffrait tellement des jambes qu'il ne pouvait plus monter les escaliers, presque plus marcher. On était très souvent obligé de le mettre sous morphine pour calmer ses douleurs. Les spécialistes luidisent qu'il a une maladie rare des os pour laquelle aucun traitement n'existe. Or; depuis un mois qu'il prend quoti­diennement du silicium organique G5, mon frère ne souffre plus du tout. Il marche, monte les escaliers et m'a dit qu'il avait pu rester pour la première fois deux heures dans la piscine, alors qu'auparavant il était obligé d'en sortir au bout d'un quart d'heure, tellement il souffrait, même dans l'eau tiède. De plus, il dort à nouveau paisiblement, ce qui lui a redonné de l'énergie (il vient même de sortir les poubelles, ce qu'il n'avait plus fait depuis des années !). C'est vraiment spectaculaire ! » (Mireille, mars 09). « Je souffrais depuis plusieurs mois de l'épaule droite. Diagnostic médical : rétractation des ligaments, 50 à 100 séances de kiné. J'ai commandé du silicium G5 liquide et gel, et après 3 jours, je ne souffre plus et je peux lever mon épaule comme avant, c'est miraculeux ! » (Fabien-ne, novembre 09). A savoir : on peut maintenant trouver du silicium organique G5 sous forme de monodoses très pratiques à utiliser. Les acides gras oméga 3 EPA/DHA ont une utilité certaine dans les situations d'inflammations douloureuses en raison de leur capacité à contrôler les réactions inflam­matoires dans l'organisme. Une série d'études a mis en évidence leur faculté à réduire la douleur en cas d'arth­rite et de polyarthrite rhumatoïde, permettant ainsi de diminuer, voire d'arrêter la prise d'anti-inflammatoires classiques. Ces résultats ont été confortés en 2006 par une étude menée auprès de 125 personnes atteintes de douleurs chroniques au cou et au dos : grâce à la prise d'oméga 3, 59 % des participants purent stopper la prise d'anti-inflammatoires classiques et au terme de l'étude, 88 % d'entre eux firent part de leur volonté de poursuivre la prise d'oméga 3. Deux autres études ont révélé que les oméga 3 aident à diminuer les douleurs menstruelles. Pour une action fortement anti-inflammatoire, préférer un complément offrant un ratio EPA/DHA de 7:1. En cure intensive, prendre de 1 à 2 g d'EPA/DHA par jour pendant au moins 2 à 3 mois. Le Lactobacillus acidophilus NCFM : certaines souches de probiotiques se révèlent capables de combattre les douleurs abdominales. C'est le cas d'un lactobacille, Lactobacillus acidophilus NCFM, testé sur modèle animal par des chercheurs de l'INSERM et du CHU de Lille. Il est en effet apparu que ce lactobacille induisait une forte action antidouleur au niveau intestinal, similaire à celle de la morphine. L'effet antidouleur n'est certes pas immédiat, ne survenant qu'au bout d'une dizaine de jours, mais il se maintient par la suite aussi longtemps que le lactobacille est ingéré. Dépourvu d'effets indésirables, ce type de probiotiques pourrait être particulièrement indiqué dans les troubles fonctionnels intestinaux – aux dénominations diverses : colopathie fonctionnelle, syndrome de l'intestin irritable, colite – ou en co-administration avec la morphine dans le cancer du côlon (1). NUTRITHÉRAPIE La coenzyme Q10, une substance similaire aux vitami­nes, est plus que conseillée en cas de douleurs gingivales (50 à 100 mg/j pendant quelques semaines) ou en cas de douleurs musculaires chroniques consécutives à la prise de statines, des médicaments anti-cholestérol (100 mg/j pendant 3 mois). Du fait que la CoQ10 est mieux absor­bée en présence de matières grasses, il est par conséquent conseillé de la prendre au cours d'un repas. La quercétine, un phyto-ingrédient que l'on trouve no­tamment dans l'oignon et la pomme, se montre fort utile en cas d'inflammations douloureuses, par exemple en cas de prostatite, de syndrome de douleur pelvienne chro­nique et de cystite interstitielle (posologie moyenne : 1 à 2 gélules de 500 mg/j). L'isoquercitrine est la forme la plus biodisponible de quercétine. On peut aussi améliorer le niveau d'absorption de ce flavonoïde en l'associant à une enzyme, la bromélaïne (ou bromelase). La curcumine, composant majeur d'une épice, le cur­cuma, a également démontré son efficacité en cas d'in­flammations douloureuses, notamment en cas de douleurs intestinales, arthritiques ou postopératoires. Pour aug­menter la biodisponibilité du curcuma, l'associer au poivre noir, à un corps gras ou à la bromelaïne. Posologie moyen-ne du curcuma en gélules : 1 000 à 1 500 mg/j. UN RÉGIME ALIMENTAIRE ANTIDOULEUR : LE PDD Le Polyamine-deficient diet ou PDD ouvre une voie thérapeutique tout à fait nouvelle et originale en permettant de lutter efficacement contre les douleurs chroniques grâce à une alimentation appauvrie en polyamines (2). Ce régime a d'abord été utilisé en tant que thérapie antitumorale, suite aux découvertes d'un chercheur français, le Pr Moulinoux. Ses travaux ont mis en évidence que les polyamines, impliquées dans la régulation cellulaire, stimulent la prolifération des cellules cancéreuses. d'où l'idée d'affaiblir ces mêmes cellules en les privant de polyamines. Des résultats très encourageants ont été obtenus : diminution de l'agressivité des tumeurs, diminution de la prolifération des métastases... mais également réduction significative des douleurs provoquées par les cancers Ce bénéfice inattendu s'explique par le fait qu'un apport faible en polyamines a pour conséquence d'influer sur un paramètre important, celui de la sensibilité ou plutôt de l'hypersensibilité à la douleur. En intervenant sur les facteurs d'exacerbation de la douleur (récepteurs NMDA en mode « hyper »), le PDD parvient à réduire de façon significative non seulement les douleurs liées à la progression d'un cancer, mais également certaines douleurs chroniques (douleur monoarthritique) même lorsqu'elles sont peu sensibles à la morphine (douleurs neuropathiques) et même restaurer l'efficacité de cet antalgique opioïde (3). En pratique. le programme nutritionnel s'étale sur trois se­maines et se divise en deux phases : La première semaine, on remplace les repas par une boisson spécifique, un soluté alimentaire extrêmement pauvre en polyamines commercialisé par la société Nu­trialys sous le nom de POLYDOL. Au cours des deux semaines suivantes, on poursuit la prise de solutés, à des doses moindres (6 canettes la pre­mière semaine, puis 2 à 4 par la suite, après évaluation du niveau de douleur) et on réintroduit des aliments solides à faible teneur en polyamines, dont la liste figure dans le guide nutritionnel Nutrialys (4). Il va de soi que la mise en oeuvre d'un tel programme nutri­tionnel n'est envisageable que sous supervision médicale. Notes (1)À signaler : la capacité de la spiruline à augmenter la production de lactobacilles dans l'intestin. Des tests effectués sur des rats, dont l'alimentation comprenait 5 % de spiruline, ont ainsi indiqué une augmentation de lactobacilles de 327 % ! (2)Répandues dans l'ensemble du monde vivant (animal, végétal, bactéries...), les polyamines sont de petites molécules que l'on croyait à tort dénuées de tout rôle physio­logique. L'alimentation constitue la source majeure de polyamines (80 %), le reste étant synthétisé dans l'orga­nisme au niveau intestinal (10 %) et cellulaire (10 %). (3) Des essais sont en cours pour déterminer les bénéfices à attendre du PDD dans la fibromyalgie, les polyarthrites ou les lombalgies chroniques. Extrait de la revue Belle santé de mai 2010