Angers est une ville française (17e ville la plus peuplée de France), préfecture du département de Maine-et-Loire dans la région Pays de la Loire. Ancienne capitale de l'Anjou, elle doit son développement et son rôle politique historique à sa position au niveau d'un point de convergence hydrographique (la Maine, à quelques kilomètres de la Loire). Angers remonte au IIIe siècle, au confluent de la Maine et de la Loire, place stratégique sur la Loire s'il en est, ville qui, plus tard, fermera la Maine avec une chaîne pour s'assurer les droits de passage. Blason du Maine-et-Loire Le climat tendu de ce IIIème siècle incite à protéger la ville à l'intérieur d'une enceinte fortifiée de mille deux cents mètres de diamètre. Son support, de schiste, vient du plateau du Maine. Le siège de l'évêché date du IVe siècle. Blason d'Angers Puis, Angers est pillée et saccagée par les Normands et les Bretons. En 1206, l'Anjou passe dans le domaine royal et le château devient une citadelle militaire. Entre 1230 et 1240, Saint Louis transforme le château en véritable forteresse en édifiant une nouvelle enceinte, une muraille de schiste ponctuée de dix-sept tours couvertes de poivrières en ardoise. Le château d'Angers La porte des Champs n'a pas subi de modifications depuis le XIIIème siècle, présente un système de défense à double herse. Ancienne province d'Anjou Louis Ier d'Anjou fait exécuter un nouveau logis et la célèbre tapisserie de l'Apocalypse, réalisée en 1375. Henri III souhaite raser le site pour qu'il échappe aux protestants. S'ensuit un découronnement des tours, interrompu, ce qui permet d'établir sur les terrasses des postes d'artillerie. Mais ce n'est ni la ville elle-même, ni le château que je vous propose de découvrir mais bien plutôt les magnifiques réhabilitations effectuées pour la Collégiale St Martin et la galerie David, à la fois défis architecturaux et prouesses techniques. Angers Quelques unes des visites à faire :l'église de la Trinité l'église St Serge de style gothique Plantagenêt l'Abbaye du Ronceray, le Logis Barrault (XVe s.) la Maison d'Adam (XVIe) l'Hôtel Pincé (XVIe s.) l'Hôtel des Pénitentes (XV-XVIe) les Greniers St Jean, la Maison Bleue (XXe) le Cloître Toussaint Et, dans la région : le Château du Plessis Macé (XIIe-XVe), le Château de Pignerolle, le Château et les jardins de Montriou, le Château à Motte de la Haie Joulain, le Château-Musée de Villevêque. Plan d'Angers, le centre ville La Collégiale Saint-Martin Aux premiers siècles, Juliomagus s'étendait sur la rive gauche de la Maine et une large voie nord-sud séparait deux quartiers. A l'est, des habitats en terre et bois, à l'ouest, des constructions maçonnées. La crypte archéologique se visite en descendant des escaliers judicieusement disposés dans l'église rénovée et elle permet de se rendre compte des vestiges des premiers édifices religieux. Les architectes ont, en effet, coulé une dalle en béton qui soutient le sol de l'église et permet cette petite incursion dans la mémoire de la ville : c'est un tour de force très réussi et très émouvantà Dès le Ve siècle, apparaît une première basilique dans le faubourg de la cité, édifice allongé au siècle suivant. Au fond de la crypte, l'abside construite au VIIe siècle témoigne d'un agrandissement vers l'est dû, peut être, à saint Loup, évêque d'Angers. Au Xe siècle, la nef, reconstruite, est proche de l'actuelle. Le transept et le ch£ur reposent sur le tracé précédent. Les grands arcs de croisée du transept, présentent une alternance de brique et de calcaire qui séduisit Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques et à qui on doit de nombreuses sauvegardes. Le comte Foulques Nerra et sa femme Hildegarde, voyant l'église "tellement détruite que c'est à peine si deux prêtres pouvaient y servir Dieu" décident de la reconstruire. Ils placent treize chanoines dans cette nouvelle, et dorénavant, collégiale "pour servir Dieu en cet endroit". La nef actuelle, date de ce début du XIe : un vaisseau central, éclairé en partie haute, et deux bas-côtés séparés par une arcature. Subsistent encore la belle coupole de la croisée du transept, les colonnes qui la supportent, avec leurs chapiteaux et les grands arcs assurant le passage du plan carré au plan circulaire de la voûte. Au XIIe siècle, le ch£ur est allongé, dans le style gothique angevin. A la fin de ces travaux, le ch£ur devient aussi long que la nef. Les nervures, épaisses dans les deux travées droites, font place à de simples boudins dans l'abside. Les statues originales datant de la décoration de cette époque sont présentées à l'université de Yale (USA). Au XIIIe siècle, la chapelle des Anges achève la construction gothique. Y subsistent quelques fragments d'un riche décor peint originel : le Massacre des Innocents et l'Adoration des Mages. René d'Anjou, vers 1470, fait surélever les murs du transept et mettre en place une nouvelle charpente, et la voûte lambrissée peinte des bras du transept subsiste avec les armoiries de la Maison d'Anjou. Collégiale St Martin avant travaux Une très mauvaise image qui donne une idée, cependant, de l'état du bâtiment avant sa restauration, la partie avant montre bien que la nef n'existe plus et que le transept et le clocher sont bien dégradés, comme la photo d'ailleurs ! La restauration, vingt ans de travaux pour ressusciter vingt siècles d'histoire : Le Conseil général de Maine-et-Loire et l'État, représenté par la Direction Régionale des Affaires Culturelles Pays de la Loire, ont été les deux maîtres d'ouvrage du projet. Chaque projet de restauration est soumis à l'approbation expresse du Ministère de la Culture et de la Communication. Le département de Maine-et-Loire a fait l'acquisition en 1987 de ce bâtiment en partie ruiné : le clocher avait été amputé d'un étage, la toiture de la nef s'était effondrée en 1828 entraînant une partie des murs et la façade occidentale n'existait plus. Par ailleurs les vestiges archéologiques dégagés par le chanoine Pinier et G.H. Forsyth étaient soumis aux intempéries et aux dégradations du temps. Voûtes restaurées Le projet initial consistait à réaliser une simple couverture pour la nef A sa place a été retenue l'idée de mettre en valeur le volume de la nef recréée. L'étude, confiée à l'Architecte en Chef des Monuments Historiques M. Mester de Parajd. Un premier volet concernait la restauration < classique > d'un monument historique des parties conservées du monument, le choeur, le transept et le clocher, avec délicatesse, le monument avait conservé son authenticité du XIIe siècle ! Un deuxième volet portait sur la richesse du contenu archéologique du monument avec la superposition des différentes étapes des constructions et reconstructions. Les fouilles réalisées au XIXe siècle ont été reprises et actualisées par Daniel Prigent û Archéologue départemental û à la demande du Conseil général de Maine-et-Loire. D'où une crypte archéologique. La reconstruction de la nef, exceptionnelle, respecte les principes définis par la Charte de Venise en 1962 (authenticité du monument, lisibilité et réversibilité de sa restauration) :une intervention contemporaine, moderne, dans les matériaux des piles, de la charpente et des toitures, pour différencier les parties anciennes authentiques des parties restituées ; une intervention sensible à l'harmonie d'un édifice du XIIe exigeant de l'humilité et de la retenue a été préférée au < grand geste architectural >. Il y avait deux volets dans la présentation devant la Commission Supérieure :acceptation de la restitution du volume de la nef, et la nef a été reconstruite avec des arcs en schiste de la région, ce qui est du plus heureux effet ; acceptation du dégagement de la façade occidentale et restitution de son élévation selon ses dispositions d'origine. Penture de la porte de l'église Saint Martin d'Angers C Wikipedia La Commission Supérieure a validé la proposition respectant les dispositions historiques, soutenue par le Conseil général. Le parvis a donc été dégagé et les services de la Ville ont apporté un espace de respiration à l'ensemble. C'est un magnifique bâtiment, disponible pour les habitants, un fleuron du patrimoine angevin avec des expositions, des concerts etc. Vous pouvez retrouver le détail de cette restauration dans les documents cités dans la bibliographie. Texte en partie d'après un article de Daniel PRIGENT. Le musée des beaux Arts d'Angers et la Galerie Louis David Musée des Beaux-Arts d'Angers : un musée contemporain classé monument historique Angers peut s'enorgueillir d'un < nouveau > Musée des Beaux-Arts, (ré)ouvert le 19 juin 2004, né de la collaboration entre un ACMH, Gabor Mester de Paradj, et un architecte, Antoine Stinco. Le Musée, conçu autour et avec le Logis Barrault, édifié entre 1486 et 1493, sur un site antique et médiéval, est un musée contemporain. Angers le Musée des beaux arts C Denis Pithon Wikipedia L'échec des deux projets précédents, idées de Philippe Mornet, architecte au service des monuments historiques, puis de Pierre Prunet, architecte en chef des monuments historiques (ACMH) a fait durer l'affaire. Mais Pierre Prunet prenait une revanche magnifique avec la remarquable toiture de la Galerie David d'Angers, qui juxtapose les matériaux modernes (structure de fer, emploi du béton et du verre) pour couvrir une abbatiale du XIIIème siècle qui jouxte le MBA. Galerie David d'Angers C Luc Nueffer Bref, il fallut la volonté du maire, Jean Monnier, et de son successeur, Jean-Claude Antonini, pour que soit créé, en cet endroit, un musée contemporain, il fallut aussi une coopération étroite entre Gabor Mester de Paradj et Antoine Stinco à qui fut confiée la rénovation des parties les plus récentes et la création d'espaces nouveaux. Chacun des architectes peut se targuer d'exploits technologiques : emploi de la technique du plancher connecté, basée sur la réutilisation des poutres et des solives existantes, pour Gabor Mester de Paradj (a fait l'objet d'un brevet), une grande salle suspendue , pour Antoine Stinco, et un décaissement de sept mètres dans le schiste sous deux bâtiments qu'ils peuvent revendiquer l'un et l'autre. Etonnant encore les de Stinco qui permettent de passer d'un lieu à l'autre sans heurts, qui permettent aussi d'oublier qu'il s'agissait de sept bâtiments distincts et qu'il en a même ajouté deux ! , explique l'ACMH. , assure le second. Galerie David d'Angers C Luc Nueffer L'abbaye Toussaint d'Angers a été fondée en 1040 : dans la charte de fondation, elle est appelée : < elemosinaria Omnorum Sanctorum > soit aumônerie Toussaint. L'aumônerie Toussaint devient au début du XIIe siècle une abbaye canoniale desservie par des chanoines de saint Augustin. L'abbatiale, rebâtie au milieu du XIIIe siècle s. suivant un plan en tau, est encore debout aujourd'hui. L'installation en ses murs du musée David d'Angers et la construction d'une nouvelle charpente avec une toiture en verre a permis de sauver l'édifice de la destruction complète. Extraits d'un article de CyberArchi.com Biographie de David d'Angers Pierre-Jean David, dit David d'Angers, représentant du peuple à l'Assemblée constituante de 1848, né à Angers (Maine-et-Loire), le 12 mars 1789, mort à Paris le 5 janvier 1856, était le fils d'un sculpteur sur bois. Il reçut les premières notions de dessin, à l'école de sa ville natale. David d'Angers Il vint jeune à Paris et, pauvre, eut une situation difficile. Ses heureuses dispositions pour les arts ont intéressé son illustre homonyme, le peintre Louis David. Celui-ci l'accueillit gratuitement dans son atelier, et Angers l'encourageait par une pension annuelle de 500 francs. Il fut lauréat du concours de sculpture pour le prix de Rome, il fut aussi pensionnaire de l'Académie de France. La statue du Grand Condé, une commande, avait mis David d'Angers en évidence et le 5 août 1826, il fut nommé membre de l'Institut (Académie des Beaux-Arts), et, le 6 décembre de la même année, professeur de l'École de peinture. En 1831, il commença les sculptures du Panthéon. L'étonnante fécondité de David d'Angers ne permet pas de citer toutes ses productions. Mais David d'Angers s'est plu à faire revivre sous son ciseau les traits des hommes utiles à l'humanité, et on lui doit des représentations de toutes les célébrités contemporaines : < Une des principales qualités de David, écrit un biographe, c'est d'être exact et poétique à la fois. Le costume de notre époque ne le gêne point : il lui donne de l'ampleur, de la noblesse ; l'habit ne couvre point son héros, il le revêt, il le pare ; on voit le sang généreux glisser sous l'étoffe, on devine le c£ur battant fort sous la poitrine. > David d'Angers "abolition de l'esclavage" croquis à la mine de plomb C Musées d'Angers Pierre David Républicain, David d'Angers fut élu, le 23 avril 1848, représentant du peuple à l'Assemblée constituante par le département de Maine-et-Loire. Il siégea à gauche et vota contre le rétablissement de la contrainte par corps, pour l'abolition de la peine de mort, pour le droit au travail. Adversaire de Louis-Napoléon Bonaparte, David d'Angers fut arrêté à Paris, lors du coup d'État de décembre 1851, par ordre du président, et éloigné de France. Il alla visiter Athènes, puis revint mourir à Paris. Philopoemen 1837 Notice du Louvre sur cette oeuvre : Commande de l'administration royale par décision du 27 septembre 1831 pour la Cour du Louvre, finalement destinée au jardin des Tuileries. - Marbre H. : 2,29 m. ; L. : 0,91 m. ; Pr. : 0,98 m. - Entrée au Louvre en 1859, replacé aux Tuileries, puis rentré au Louvre le 8 octobre 1870. En 222 avant notre ère, Philopoemen participe à la bataille de Sélasie, où il combat dans les troupes d'Antigone Doson, roi de Macédoine, contre Cléomène, roi de Sparte. Blessé, il extrait stoïquement le javelot qui s'était brisé dans sa cuisse. L'épisode est raconté dans les Vies des hommes illustres de l'auteur grec Plutarque (v.46-v.125), qui établit des parallèles entre des grecs et des romains célèbres. Philopoemen, stratège achéen, tenta de constituer une unité hellène contre la menace romaine. Lors d'une expédition contre la ville de Messène (183 av. J.C.), il fut fait prisonnier et condamné à boire la cigüe. David d'Angers sculpte son héros nu, comme dans la statuaire antique. Il a juste conservé quelques attributs du guerrier : casque à cimier, baudrier, épée... Le manteau, dont les plis s'étalent sur le bouclier, est l'occasion d'une belle étude de drapé classique. Mais il sacrifie la pureté de la ligne et la beauté idéale des traits pour donner à son oeuvre une puissance expressive, caractéristique de l'esprit romantique. Les proportions monumentales (le marbre est plus grand que nature), le modelé presque exagéré d'un corps puissant et musclé, la tête énorme, font de Philopoemen un colosse. Le visage aux traits dominateurs, les sourcils froncés, le regard à la fois plein de douleur et de défi, l'abondante chevelure et la barbe fournie, lui donnent l'air farouche. L'arrondi des bras, la ligne des épaules, la tête relevée dont le cimier prolonge l'élan, animent la statue d'un vaste mouvement ascendant. Le sculpteur a tenté de concilier la nature physique et l'être moral. Vue du côté droit, celui de blessure, la statue présente l'homme souffrant, le dos courbé, la jambe fléchie. Vue de l'autre côté, c'est un héros plein de fierté, la tête dressée, le regard menaçant. L'oeuvre exalte ainsi le courage stoïque du héros qui dépasse sa douleur pour accomplir son devoir. Alors que Philopoemen a trente ans lors de la bataille, le sculpteur l'a figuré plus âgé. Il explique dans ces Carnets qu'au-delà de la vérité historique, il a voulu représenter "le dernier des Grecs" (ainsi que l'avait nommé Plutarque), c'est-à-dire "un vieux et grand monument qui lutte contre les tempêtes avant de tomber". La statue est présentée aux côtés d'autres sculptures de héros antiques commandées par l'administration de Louis-Philippe, tel le Soldat de Marathon de Jean-Pierre Cortot (1787-1843) ou Caton d'Utique de Jean-Baptiste Roman (1792-1835). Elles participaient du culte des "grands hommes", dont le courage et les vertus patriotiques et civiques étaient proposés en exemple au public.