La mission GOCE prête pour l'étude de la gravité terrestre Le satellite européen GOCE doit être lancé lundi depuis la Russie. Sa mission: fournir une nouvelle cartographie ultra précise des variations du champ gravitationnel de la Terre. Les panneaux solaires de GOCE sont conçus pour supporter de spectaculaires écarts de température, allant de -170°C à 160°C. (ESA - AOES Medialab). L'Agence spatiale européenne (ESA) s'apprête à lancer une nouvelle mission d'étude de la Terre, GOCE*, destinée à mesurer avec une précision inégalée les variations du champ de gravité de notre planète. Le satellite conçu par l'ESA doit être lancé lundi 16 mars à 14h21 TU par une fusée russe Rockot depuis le cosmodrome de Plesetsk, au nord de la Russie. Initialement prévu pour septembre 2008, le lancement a été retardé par des problèmes techniques. Le champ de gravité de la Terre varie légèrement en fonction de la répartition des masses à sa surface (montagnes, failles océaniques.) et présente en certains points des anomalies. C'est ainsi qu'au nord du Canada, autour de la Baie d'Hudson, l'attraction est un peu moins forte qu'ailleurs. Ces variations sont bien sûres trop infimes pour que nous les ressentions. Des instruments d'une extrême précision sont nécessaires pour réaliser une cartographie détaillée du champ gravitationnel terrestre. Le satellite GOCE est donc équipé d'un gradiomètre ultra sensible permettant des mesures en trois dimensions. Trois paires d'accéléromètres forment un ensemble de masses de référence qui ressentent les pressions exercées par le champ gravitationnel de la Terre. La gradiométrie consiste à calculer les différences d'accélération de ces masses sur de courtes distances. GOCE sera placé sur une orbite basse à seulement 250 km au-dessus de nos têtes. Pour ne pas fausser les mesures, le satellite doit être totalement stable, d'où sa forme allongée et aérodynamique, et son système de propulsion ionique. A partir des données de GOCE, les scientifiques établiront un nouveau géoïde, une sphère terrestre tenant compte des anomalies gravitationnelles. Les résultats attendus seront cinq fois plus précis que ceux de la mission GRACE (USA-Allemagne). Ce type de cartographie en 3D est à la fois un outil essentiel pour mieux comprendre la structure interne du globe mais aussi pour étudier les océans, en particulier les courants océaniques.