Evaluation et prévention des infarctus Le vieillissement du système cardio-vasculaire peut mener au durcissement et à l'épaississement des parois des artères : c'est l'artériosclérose. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le rétrécissement des vaisseaux coronaires traduit par l'artériosclérose et menant aux infarctus du myocarde représente 12% des décès dans le monde, soit la première cause mondiale de mortalité. Deux équipes helvétiques ont développé deux méthodes distinctes destinées à la localisation des zones du système cardio-vasculaire susceptibles de développer des artérioscléroses. Au service d'imagerie cardiaque de l'hôpital universitaire de Zurich, l'imagerie en trois dimensions du système cardiaque est réalisée à l'aide d'un scanner (tomodensitométrie). La scintigraphie, consistant à injecter au patient un isotope radioactif et à le suivre par une gamma-caméra, permet de suivre le flux sanguin parvenant au coeur, et donc de mettre en évidence les zones où ce flux est réduit. La combinaison des deux techniques permet de déterminer les zones de rétrécissement des artères provoquant un apport insuffisant en oxygène et nécessitant une intervention chirurgicale. Au Laboratoire de modélisation multi-échelles des matériaux de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), la tomodensitométrie est combinée avec des modélisations numériques dynamiques. Une fois le système vasculaire représenté en trois dimensions, le supercalculateur Cadmos (16.000 processeurs) est utilisé pour modéliser le flux sanguin et notamment le comportement simultané de dix millions de globules rouges interagissant entre eux, avec le plasma et les plaquettes. La précision spatiale atteinte, allant jusqu'à 10 microns, permet de déterminer précisément les endroits où l'artériosclérose est susceptible de se produire. Simone Melchionna, responsable de l'étude, souligne la rapidité de cette méthode : ''Il faut actuellement six heures pour réaliser la carte du réseau sanguin''. Le développement d'un programme utilisable sur des ordinateurs moins puissants, utilisés dans les hôpitaux, constitue le prochain jalon. source: buletin électronique suisse