Cancer du sein : qu’est-ce que c’est? Le cancer du sein est le cancer le plus diagnostiqué chez les femmes à travers le monde1. Il apparaît le plus souvent après la ménopause. Il n’est cependant pas le plus mortel : le cancer du poumon demeure la première cause de décès par cancer chez les femmes. Une femme sur 9 risque d’être atteinte d’un cancer du sein au cours de sa vie. Les hommes aussi peuvent en être touchés, mais rarement. Moins de 1 % des cas de cancer du sein touchent des hommes. Le nombre de personnes atteintes a progressé légèrement, mais régulièrement, au cours des 3 dernières décennies. Par contre, le taux de mortalité a continuellement diminué au cours de la même période, grâce aux progrès réalisés en matière de dépistage, de diagnostic et de traitement. Le sein se compose de graisse, de glandes et de canaux les glandes, agencées en lobules, produisent le lait et les canaux (canaux galactophores) servent à transporter le lait jusqu’au mamelon. Les tissus mammaires sont influencés par des hormones produites par les femmes en quantité variable tout au long de leur vie (puberté, grossesse, allaitement...). Ces hormones sont l’oestrogène et la progestérone. Un cancer signifie la présence de cellules anormales. Ces cellules anormales se multiplient de façon incontrôlée. Les cellules cancéreuses peuvent rester dans le sein ou se répandre dans notre corps par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. La plupart du temps, la progression d’un cancer du sein prend plusieurs mois et même quelques années. Types de cancer du sein Il existe différentes formes de cancer du sein, chacune ayant une évolution qui lui est propre. On peut les diviser en deux grandes catégories : le cancer non invasif ou in situ, qui touche uniquement les canaux galactophores, et le cancer invasif ou infiltrant, qui se propage dans le tissu gras du sein. (Attention, le fait que le cancer soit invasif ne signifie pas qu’il forme des métastases, mais qu’il envahit les tissus autour des canaux). Cancer non invasif • Carcinome canalaire in situ. C’est le type le plus fréquent de cancer du sein non invasif chez la femme. C’est une forme de cancer très « jeune », au tout début de sa formation. Comme son nom l’indique, il se forme à l’intérieur des canaux de lactation du sein. Il ne se dissémine pas. On diagnostique beaucoup plus fréquemment ce type de cancer depuis l’utilisation plus répandue de la mammographie. Le traitement de ce cancer mène à la guérison dans presque tous les cas. Sans traitement, il poursuit sa croissance et peut alors devenir « infiltrant », donc se propager à l’extérieur des canaux galactophores. Cancers invasifs • Carcinome canalaire. Il se forme dans les canaux galactophores. Les cellules cancéreuses traversent la paroi des canaux. • Carcinome lobulaire. Les cellules cancéreuses apparaissent dans les lobules, puis traversent la paroi des lobules et se disséminent dans les tissus environnants. • Carcinome inflammatoire. Un cancer rare qui se caractérise principalement par un sein qui peut devenir rouge, enflé et chaud. La peau du sein peut aussi prendre l’aspect d’une peau d’orange. Ce type de cancer progresse plus rapidement et est plus difficile à traiter. • Autres carcinomes (médullaires, colloïdes ou mucineux, tubulaires, papillaires). Ces types de cancer du sein sont plus rares. Les principales différences entre ces types de cancer reposent sur le type de cellules touchées. • Maladie de Paget. Un cancer rare qui se manifeste par une petite plaie au mamelon qui ne guérit pas. Remarque. Le carcinome lobulaire in situ (ou néoplasie lobulaire) n’est pas cancéreux. Il est cependant un facteur de risque important de cancer du sein qui exige un suivi serré. Causes On connaît plusieurs facteurs de risque du cancer du sein. Cependant, dans la plupart des cas, il est impossible d’expliquer les raisons de son apparition chez une personne en particulier. Des mutations sur des gènes, transmises d’une génération à l’autre ou bien acquises au cours de la vie (l’exposition à des radiations ou à certains produits chimiques toxiques, par exemple, peut modifier les gènes), peuvent aussi causer un cancer du sein. Les gènes BRCA1 et BRCA2, par exemple, sont des gènes de susceptibilité aux cancers du sein et de l’ovaire. Les femmes qui portent des mutations de ces gènes ont un très haut risque de cancer. Évolution Le taux de survie au cancer du sein non invasif est très bon. Pour les cancers invasifs, les chances de guérison dépendent du type de cancer et de son stade d’évolution au moment où l’on entreprend les traitements Divers facteurs influencent la rapidité à laquelle une tumeur va croître. Des tests effectués sur un échantillon de tissu prélevé dans la tumeur influenceront le choix du traitement. Voici les deux tests pratiqués : • Test du dosage des récepteurs hormonaux. Certains types de cancers du sein sont sensibles aux hormones sexuelles - ils sont hormonodépendants. Cela signifie que leur développement peut être stimulé par les oestrogènes ou la progestérone. • Test du HER2. Dans les cas de cancer invasif seulement, un test génétique est pratiqué afin de connaître le degré d’activation du gène HER2. Lorsque ce gène est fortement activé, cela indique que le cancer risque de croître plus rapidement. C’est le cas d’environ 10 % des cancers invasifs. Symptômes du cancer du sein • Une bosse au sein, qu'elle soit fixe ou mobile. Il s’agit du symptôme le plus fréquent, pour les femmes et les hommes. Note. La plupart des bosses détectées au sein ne sont cependant pas cancéreuses. • Des écoulements provenant du mamelon. • Une rétraction du mamelon (le mamelon est tourné vers l’intérieur). • Un changement d’apparence de la peau d’un sein : épaississement, rougeur, chaleur, « peau d’orange », desquamation de la peau autour du mamelon. • Un changement de grosseur ou de la forme d’un sein. Plusieurs facteurs peuvent influencer les tissus mammaires et changer l’apparence des seins : la grossesse, le cycle menstruel, un kyste au sein, une infection, etc. Personnes à risque Un certain nombre d'éléments non modifiables font augmenter le risque d'être atteinte d’un cancer du sein. Ces éléments de risque permettent aux médecins de déterminer quelles personnes pourraient bénéficier le plus du dépistage et des mesures préventives. Principaux éléments de risque • Sexe féminin. Moins de 1 % des cas de cancer du sein touchent des hommes, et ceux-ci ont en général plus de 60 ans. • Âge. La maladie touche très rarement les femmes de moins de 30 ans. Environ 85 % des cas surviennent à 50 ans ou plus2. Plus une femme avance en âge, plus le risque de souffrir de cancer du sein augmente. • Antécédents familiaux. Le fait d’avoir une mère, une soeur ou une fille atteinte d’un cancer du sein ou d’un cancer des ovaires augmente le risque d’en être atteint. De 5 % à 10 % des cancers du sein seraient causés par une anomalie transmise par l’hérédité. Les principaux gènes de prédisposition au cancer du sein (et de l’ovaire) sont nommés BRCA1 et BRCA2. Normalement, ces gènes protègent du cancer. S’ils sont défectueux, ils ne peuvent plus remplir leurs fonctions. Il existe des tests pour vérifier si une femme issue d'une famille à risque est elle-même porteuse d'une mutation à l’un de ces gènes. • Antécédent personnel. Le fait d’avoir déjà eu un cancer à un sein accroît le risque qu’un second cancer se forme. Autres éléments de risque • Avoir une lésion à risque au sein (diagnostiquée lors d’une biopsie). Les femmes qui ont une lésion à risque, comme une hyperplasie épithéliale intracanalaire ou un carcinome lobulaire in situ, sont plus susceptibles d’être atteintes d’un cancer du sein un jour. Remarque. Notez que le kyste au sein n’est pas une lésion à risque. Il n’accroît pas le risque de cancer du sein. • Traitements de radiothérapie. On sait que les femmes qui ont subi des doses élevées de radiation au thorax (des rayons X d’intensité élevée) ont plus de risque d’être atteintes d’un cancer du sein, surtout si la radiothérapie a eu cours avant l’âge de 30 ans. • Nulliparité ou grossesse tardive. Le fait de ne pas avoir eu d’enfant ou d'avoir donné naissance seulement après 30 ans. • Exposition accrue aux oestrogènes naturels. L’arrivée précoce des premières menstruations (avant l’âge de 12 ans) ou une ménopause tardive (après l’âge de 55 ans). Facteurs de risque Dans le cadre d'études, les facteurs modifiables suivants ont été clairement associés à un risque plus élevé de cancer du sein. Notez toutefois qu’un cancer du sein peut se former en l’absence de tous ces facteurs de risque. • Le surpoids ou l’obésité. Les femmes de plus de 50 ans qui souffrent d' obésité sont plus à risque que les femmes du même âge dont l’ indice de masse corporelle indique un poids normal. Selon Santé Canada, même un léger excédent de poids (5 kg ou 11 lb ou plus) est associé à une augmentation du risque de cancer du sein, en particulier après la ménopause • Le manque d’activité physique. Les femmes peu actives physiquement sont plus à risque. • La consommation d’alcool. Plus la consommation d’ alcool est importante, plus le risque de cancer du sein s’accroît, peu importe le type d’alcool consommé. Ce fait a été observé dans plusieurs études épidémiologiques, auprès de femmes en préménopause et de femmes ménopausées. Afin de réduire le risque de cancer, la Société canadienne du cancer conseille aux femmes de limiter leur consommation d’alcool à moins de 1 verre par jour, et aux hommes à moins de 2 verres par jour. • La prise d'oestrogènes. Certaines études démontrent que la prise de contraceptifs oraux (la pilule contraceptive) accroît très légèrement le risque de cancer du sein chez les femmes qui les utilisent durant plus de 4 ans. Ce risque n’est cependant plus observable 10 ans après avoir cessé l’usage de la pilule contraceptive. D’autres études sur le sujet n’ont pas établi de lien entre la pilule contraceptive et le cancer du sein. Par ailleurs, l'hormonothérapie substitutive à la ménopause, qui combine oestrogènes et progestérone, augmente légèrement le risque de cancer du sein lorsqu’elle est prise durant plus de 5 ans. Cinq ans après l’arrêt de l’hormonothérapie, cette hausse du risque n’est pratiquement plus visible. Dans le cas d’une utilisation de l’hormonothérapie durant moins de 5 ans, le risque de cancer du sein n’est pas modifié. Un rapport de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada spécifie que « le fait d’avoir déjà utilisé des contraceptifs oraux n’entraîne pas un accroissement du risque de cancer du sein associé à l’hormonothérapie ». • L’exposition à des produits chimiques cancérogènes. Le fait d’être en contact avec des produits chimiques présents dans l’environnement (les pesticides organochlorés (DDT), les parabènes, etc.) pourrait contribuer à la formation d’un cancer du sein. Le lien de cause à effet est cependant très difficile à établir. Facteurs psychologiques Le rôle de l’état psychologique dans l’apparition du cancer est controversé. Certains traits de personnalité ont été associés, lors d’études, à un risque accru de cancer. D’autres études sont cependant venues contredire cette hypothèse. Prévention du cancer du sein Mesures de dépistage Ces mesures visent à détecter le plus tôt possible le cancer afin d’enrayer sa progression et, si possible, de le guérir. Observation de toute anomalie. Être à l’affût de tout changement au sein : bosse, écoulement, rétraction du mamelon, douleur, etc. Pour ce faire, palper les seins et les examiner régulièrement. Examen par un professionnel. L’examen clinique des seins par le médecin permet de déceler une masse non perçue par la femme ou encore non visible à la mammographie. La Société canadienne du cancer recommande que cet examen soit accompli au moins tous les 2 ans, dès l’âge de 40 ans. Mammographie. Santé Canada recommande le dépistage par la mammographie au moins tous les 2 ans pour les femmes âgées de 50 ans à 69 ans. Son efficacité à réduire la mortalité dans cette tranche de la population est appuyée par des études. En dehors de ce groupe d’âge, la nécessité d’un dépistage varie d’une femme à l’autre, selon ses facteurs de risque personnels. Il faut en discuter avec son médecin. Le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs déconseille la mammographie chez les femmes âgées de 40 ans à 49 ans qui ne sont pas à risque, étant donné l’absence d’avantages et les préjudices possibles. En effet, l’exposition aux radiations et les biopsies inutiles qui peuvent suivre un résultat faussement positif pourraient avoir des conséquences néfastes. Pour les femmes de plus de 69 ans, il est souvent recommandé de poursuivre la mammographie à intervalles réguliers. Encore une fois, il vaut mieux en discuter avec son médecin. D’autres tests sont parfois proposés aux femmes à très haut risque en raison de prédispositions génétiques. Mesures préventives de base Les bonnes habitudes de vie (exercice physique, saine alimentation comprenant suffisamment de légumes et de fruits, arrêt du tabagisme, consommation d’ alcool modérée, etc.) et le maintien d’un poids santé contribuent à réduire le risque de plusieurs types de cancer, incluant le cancer du sein. Bien entendu, la lutte contre le cancer ne requiert pas seulement des actions individuelles, mais aussi des actions collectives : réduire la présence de produits chimiques dans les produits ménagers, réduire l’emploi de pesticides chimiques, aménager les villes afin de favoriser l’ activité physique, etc. Autres mesures pour prévenir l’apparition de la maladie • À la lumière des résultats de diverses études, la Société canadienne du cancer recommande aux Canadiens, depuis 2007, de prendre un supplément de 25 µg (1 000 UI) par jour de vitamine D en automne et en hiver. L’organisme suggère aux personnes présentant des risques plus élevés de carence en vitamine D - ce qui inclut les personnes âgées, les personnes dont la pigmentation de la peau est foncée et les personnes qui s’exposent rarement au soleil - d’en faire autant durant toute l’année. Selon les études, un tel apport en vitamine D réduit les risques de cancer de la prostate, de cancer du sein et de cancer colorectal. • Chez les personnes à très haut risque de cancer du sein (comme les porteuses du gène BRCA), et seulement chez celles-ci, certains médicaments sont parfois donnés en prévention. Par exemple, le tamoxifène. À discuter avec le médecin. La consommation d’aliments riches en phytoestrogènes (soya, graines de lin) est-elle nuisible pour les femmes ayant déjà eu un cancer du sein? Les phytoestrogènes sont des molécules d’origine végétale qui, chimiquement, s’apparentent aux oestrogènes produits par l’humain. Elles comprennent deux familles principales : les isoflavones, surtout présentes dans le soya, et les lignanes, dont les graines de lin sont la meilleure source alimentaire. Ces substances pourraient-elles contribuer à la croissance d’un cancer du sein hormonodépendant? Au moment de rédiger cette fiche, le débat était ouvert. Les expériences faites in vitro indiquent que ces substances peuvent en effet stimuler les récepteurs aux oestrogènes de cellules tumorales. Cependant, après avoir analysé les données scientifiques disponibles chez l’humain, des experts estiment qu’une consommation alimentaire modérée de soya est sécuritaire pour les femmes à risque de cancer du sein ou y ayant survécu. Mentionnons qu’en prévention, chez des femmes non atteintes, une alimentation riche en isoflavones semble protéger du cancer du sein. Traitements médicaux du cancer du sein Le traitement dépend du type de cancer et de son stade d’évolution. La chirurgie fait partie intégrante du traitement de la très grande majorité des cancers du sein. Il existe 5 catégories de traitements : • la chirurgie; • la radiothérapie; • la chimiothérapie; • la thérapie hormonale; • la thérapie ciblée. Chirurgie La chirurgie est souvent le premier traitement entrepris. Elle sert à enlever la tumeur cancéreuse. Dans le cas du cancer du sein, elle se nomme mastectomie. La mastectomie est partielle (une partie du sein est ôtée) ou totale (tout le sein est retiré). On y ajoute presque toujours une chirurgie aux ganglions lymphatiques de l’aisselle. Le choix du type de mastectomie repose entre autres sur la taille de la tumeur, son type et son emplacement dans le sein. La préférence de la femme est aussi prise en compte. • Mastectomie partielle ou tumorectomie. Le chirurgien enlève le tissu cancéreux (tumeur) ainsi qu’un peu de tissu sain autour de la tumeur. On la nomme aussi chirurgie conservatrice du sein. • Mastectomie totale. Le sein est entièrement retiré : les glandes mammaires, le tissu gras, le mamelon et de la peau. On la choisit lorsqu’il n’est pas possible de faire une mastectomie partielle. Cela se fait dans environ 20 % à 25 % des cas de cancer du sein. Une reconstruction du sein peut être exécutée en même temps que la mastectomie ou à un moment ultérieur. • Chirurgie aux ganglions lymphatiques. Afin de déterminer le stade de la maladie et de choisir le meilleur traitement après la chirurgie, il est presque toujours essentiel de savoir si le cancer a atteint les ganglions lymphatiques situés au creux de l’aisselle, du côté atteint. Ces ganglions drainent le liquide lymphatique qui circule dans le sein. Cela peut se faire soit en enlevant seulement les premiers ganglions de cette chaîne (c’est ce qu’on nomme la biopsie du ou des ganglions sentinelles), soit en enlevant la chaîne complète. Cette ablation cause parfois des complications, comme un lymphoedème dans un bras (côté atteint). Le lymphoedème est une accumulation de liquide lymphatique. Il est causé par la perturbation des voies de drainage habituelles. Radiothérapie La mastectomie partielle doit être suivie de radiothérapie afin de détruire les cellules cancéreuses qui pourraient être demeurées dans le sein. Elle réduit le risque qu’une tumeur réapparaisse. En cas de mastectomie totale, la radiothérapie n’est pas toujours nécessaire. Chimiothérapie La chimiothérapie utilise une classe de médicaments, appelés antinéoplasiques, pour traiter les cancers. Pour le cancer du sein, elle est habituellement administrée après la chirurgie. Elle permet de détruire les cellules cancéreuses qui se seraient échappées de la tumeur principale. Le choix d’entreprendre ou non une chimiothérapie dépend du stade d’évolution de la maladie. Thérapie hormonale La thérapie hormonale est, la plupart du temps, associée à la chirurgie, à la radiothérapie ou à la chimiothérapie. Si l’examen de la tumeur montre que le cancer a des récepteurs hormonaux, son développement est donc sensible aux hormones sexuelles. Certains médicaments peuvent ralentir ou arrêter la progression d’un tel cancer en bloquant l’action des hormones. Il existe deux types d’hormonothérapie : • les anti-oestrogènes, comme le tamoxifène (Nolvadex-D®) qui se fixe à la surface des cellules cancéreuses, sur les récepteurs normalement occupés par les oestrogènes. Ce médicament est administré par voie orale sous forme de comprimés; • les inhibiteurs de l’aromatase : l’anastrozole (Arimidex®), le letrozole (Femara®) et l’exémestane (Aromasin®). Ils empêchent la production d’oestrogènes par les tissus gras et les glandes surrénales. On utilise ces médicaments seulement chez les femmes ménopausées. Il s’agit également de comprimés administrés par voie orale. Thérapie ciblée Parfois, chez les femmes atteintes d’un cancer du sein infiltrant, les cellules cancéreuses surexpriment le gène HER2. Cela provoque une croissance plus rapide de la tumeur. Lorsque c’est le cas, on peut donner un médicament, le trastuzumab (Herceptin®), qui bloque spécifiquement l’action du gène HER2. Ce médicament s’administre par injection intraveineuse. La recherche se poursuit pour trouver d’autres thérapies biologiques. Ce type de traitement provoque moins d’effets indésirables que la chimiothérapie et la thérapie hormonale, car il est plus ciblé. Comment prévenir ou traiter le lymphoedème? Un lymphoedème au bras est une complication importante qui peut survenir après un traitement. Il se caractérise par une enflure du bras (côté atteint). Le bras devient lourd et douloureux. Le lymphoedème apparaît chez environ 25 % des femmes qui subissent une chirurgie pour traiter un cancer du sein. Le risque dépend de l’étendue des tissus retirés par chirurgie. L’évidement des ganglions des aisselles et la radiothérapie près des aisselles accroissent ce risque. Le lymphoedème peut se manifester quelques jours après le traitement ou encore des mois ou même des années plus tard. Diverses mesures contribuent à prévenir le lymphoedème ou à éviter qu’il s’aggrave : • informer le plus rapidement possible son médecin si une lourdeur au bras apparaît après le traitement; • éviter de soulever des objets lourds dans les jours qui suivent la chirurgie; utiliser son bras et faire des étirements de façon progressive; • veiller à protéger la peau du bras à risque des coupures, des brûlures et des piqûres d’insectes; éviter tous les types de piqûres sur ce bras (vaccins, prises de sang, aiguilles d’acupuncture, etc.); • porter des gants pour les tâches manuelles (ménage, rénovations, jardin, etc.); • faire des exercices d’intensité modérée de façon régulière; ces exercices doivent impliquer des mouvements des bras et bien solliciter les muscles des bras; votre médecin peut vous renseigner à ce sujet; • perdre du poids en cas d’ obésité, car l’obésité peut causer l’apparition ou aggraver le lymphoedème; • éviter les températures très chaudes si cela semble causer de la lourdeur dans le bras : les bains en eau très chaude, les bains de vapeur, les climats chauds. Il n’existe pas de traitement efficace à court terme pour en venir à bout. Certaines mesures permettent néanmoins de soulager les symptômes : • porter un vêtement de compression fait sur mesure qui serre tout le bras, 24 heures sur 24; • pratiquer des exercices de drainage et d’étirement du bras et de l’épaule; • faire de l’exercice physique adapté aux capacités (marcher, nager, faire du yoga, etc.); • recevoir des traitements de drainage lymphatique manuel, une technique de massage doux qui stimule la circulation de la lymphe. L'opinion de notre médecin Comme tout cancer, le cancer du sein fait peur. Subir les traitements est une grande épreuve. Heureusement, nous avons aujourd’hui beaucoup de connaissances quant au traitement de ce cancer. Chaque femme atteinte reçoit un traitement « sur mesure ». Même si le cancer du sein est très fréquent, de moins en moins de femmes en meurent. Ayez confiance en vos possibilités de rétablissement. Lorsqu’on a déjà eu un cancer du sein, on est plus à risque d’être atteinte d’un second. Si c’est votre cas, ayez un suivi régulier avec votre médecin et adoptez de bonnes habitudes de vie. Il s’agit là des meilleures façons de faire votre part pour contrer cette maladie et, aussi, de mieux vivre. Approches complémentaires Important. Les personnes qui souhaitent s’investir dans une approche globale devraient en discuter avec leur médecin. L’autotraitement est déconseillé. Il importe en outre de choisir des thérapeutes détenant une expérience avec des personnes atteintes de cancer. Les approches suivantes peuvent convenir lorsqu’elles sont utilisées en complément aux traitements médicaux, et non en remplacement de ceux-ci. Retarder ou interrompre un traitement médical diminue les chances de rémission. En soutien et en complément aux traitements médicaux Efficacité possible Tai-chi Approches à considérer Soutien psychothérapeutique    Efficacité possible Tai-chi. Des chercheurs ont analysé 3 études cliniques menées auprès de femmes atteintes du cancer du sein. L’une d’elles a montré une amélioration de l’estime de soi, de la distance totale de marche et de la force manuelle chez les femmes ayant pratiqué le tai-chi comparativement à celles ayant reçu uniquement un soutien psychologique. Selon les chercheurs, on ne peut conclure pour l’instant que le tai-chi améliore la condition de vie des survivantes du cancer du sein. Cependant, selon eux, il semble plausible que le tai-chi soit bénéfique puisqu’il comporte diverses composantes ayant déjà démontré une certaine efficacité comme traitement de soutien (exercice, concentration, etc.). Approches à considérer Soutien psychothérapeutique. Une recherche de l'Université Stanford a révélé que le soutien psychothérapeutique de groupe (toutes les semaines pendant 1 an), conjointement avec l'autohypnose pour contrer la douleur, permettait d'augmenter du double, environ, l'espérance de vie des femmes souffrant d'un cancer du sein avec métastase. Malheureusement, les recherches subséquentes n'ont jamais donné de résultats aussi probants, étant donné, notamment, de la difficulté de contrôler toutes les variables entre le groupe à l’étude et le groupe témoin.