Une variété de riz pour les personnes atteintes de diabète Le professeur Hiraku Sato de l'université de Kyushu et son équipe de chercheurs ont récemment développé une nouvelle variété de riz pouvant contribuer à la prévention de certains types de diabète. Le riz est l'élément de base de la cuisine japonaise. D'innombrables variétés sont constamment développées dans le but d'améliorer les rendements de production ou d'accentuer certaines propriétés organo-leptiques (goût, texture, couleur) bien souvent déterminées par la composition moléculaire du noyau. Le riz peut aussi être "fonctionnel" comme le Koiazusa, limitant le stress et stabilisant la pression artérielle, ou le Kinuhoppe préconisé pour atténuer certains symptômes allergiques. Malgré la forte popularité du riz auprès des Japonais, de récentes études ont émis l'hypothèse qu'une forte consommation de cet aliment constituerait un important facteur de risque diabétique chez les femmes japonaises. Le professeur Hiraku Sato et son équipe ont alors concentré leur efforts sur la création d'une variété consommable en grande quantité, même pour les personnes déjà atteintes de diabète. Deux variétés naturellement mutantes de l'espèce Kinmaze ont été croisées afin de créer un nouveau riz nommé Amiromochi dont le coeur des grains est composé en très grande partie d'amidon ultra résistant. L'amidon du riz classiquement consommé est constitué habituellement d'environ 20% d'amylose (polymère non ramifié de molécules de glucose) et de 80% d'amylopectine (polyoside ramifié). Or l'amidon du riz développé par les scientifiques de l'université de Kyushu comporte uniquement des molécules d'amylopectine dont les très longues chaînes ramifiées ne permettent qu'une absorption lente du glucose par l'action des enzymes du système digestif. Ainsi, la consommation de cet amidon n'entraîne qu'une très légère hausse de la glycémie au cours de la digestion. En collaboration avec l'université de Kyushu, le professeur Shinichi Kitamura de l'université d'Osaka et son équipe de scientifiques ont conduit des recherches concernant l'effet d'Amiromachi sur l'organisme des animaux. Une première étude a porté sur des souris souffrant d'un durcissement et d'un épaississement des parois de leurs artères (artériosclérose). Après avoir nourri ces animaux suivant un régime alimentaire particulièrement riche en graisses et en sucres, deux lots ont été constitués. Le premier lot de souris (témoin) se caractérise par la consommation d'un mélange alimentaire contenant de la farine de riz "classique" et le second lot de souris par la consommation de farine de riz d'Amiromochi. Après plusieurs semaines de régime, des mesures du pic glycémique ont révélé que les valeurs enregistrées chez le second lot de souris étaient 10% moins élevées que le lot de souris témoin. Dans un second temps, les scientifiques ont réalisé une étude portant sur des volontaires humains en pleine santé. Ces personnes ont alors ingurgité une concoction d'eau et de 20 grammes de grains de riz classique (lot témoin) et de grains de riz Amiromachi (lot expérimental). Les pics glycémiques de chacun des sujets ont ensuite été mesurés 30 minutes après consommation de la mixture. Les valeurs obtenues étaient alors 40% moins élevées chez les patients du lot expérimental. Amiromachi aurait également d'autres propriétés d'après une troisième étude réalisée sur l'absorption du cholestérol. Les grains de ce riz contiennent de grandes quantités de fibres diététiques et de gamma-oryzanol. L'action de cette dernière molécule contre l'oxydation du cholestérol est considérée comme dix fois plus efficace que celle des vitamines E présentes dans le son du riz. Elle permet notamment une diminution de la quantité de LDL considérés comme le "mauvais cholestérol". Les résultats de cette étude ont démontré la propriété que possèdent les grains d'Amiromachi de diminuer l'accumulation des graisses au niveau du foie. La variété Amiromochi ne présentant pas les mêmes propriétés organo-leptiques que le riz collant traditionnel japonais, il n'est pas destiné à être consommé directement après cuisson. En effet, les ramifications portées par les molécules d'amylopectine empêchent les grains de s'agglutiner correctement, rendant le riz très sec même après cuisson. Cependant il peut aisément être employé comme ingrédient dans la production d'autres denrées alimentaires telles que la farine, les pâtes ou pour la confection de pâtisseries. Une association de sept entreprises alimentaires dont Glico Foods and Co. a été formée afin de promouvoir ce riz par le biais de projets de formulation concernant des produits tels que des cookies et du pain. L'objectif fixé pour la prochaine année fiscale japonaise est la culture de 25 hectares de cette variété et la récolte de plus d'une centaine de tonnes pour des applications alimentaires diverses. source: buletin électronique japon