Une exoplanète aux caractéristiques inattendues détectée en Provence Le Laboratoire d'astrophysique de Marseille a annoncé lundi l'observation d'un transit exceptionnel de planète extrasolaire par deux méthodes complémentaires et indépendantes, ce qui représente "une pierre de Rosette pour l'étude des planètes extrasolaires géantes". L'observation a été réalisée à l'Observatoire de Haute-Provence par une équipe de chercheurs européens (CNRS-INSU, LAM-OAMP, Université de Provence) conduite par Claire Moutou, chargée de recherche au CNRS au Laboratoire d'astrophysique de Marseille. L'événement était prévu, aux termes d'une étude américaine récente, pour être visible entre le 13 et le 15 février à travers le monde et de nombreuses équipes ont tenté leur chance. Le 14 février, "le soleil a eu rendez-vous avec son exoplanète" pour la Saint-Valentin, selon un communiqué du laboratoire et le transit planétaire a été détecté sans ambiguïté à la fois par photométrie et par spectroscopie. Actuellement, sur les 340 exoplanètes connues, seules 50 ont pu être caractérisées grâce à ces deux méthodes de détection. L'observation a porté sur l'étoile HD 80606 dans la constellation de la Grande Ourse, qui appartient à un système d'étoiles doubles et est également le soleil d'une exoplanète très excentrique. Les chercheurs ont déterminé qu'elle tournait autour de son étoile en 111 jours alors que la plupart des exoplanètes en transit connues à ce jour ont une période orbitale inférieure à cinq jours. Cette exoplanète géante, quatre fois plus massive que Jupiter et à l'orbite très allongée, avait été découverte en 2001 à l'Observatoire de Haute-Provence. "Avec cette nouvelle détection à l'Observatoire de Haute-Provence, le record de période des planètes à transit passe de 21 jours à 111 jours", explique Claire Moutou citée par le communiqué. "C'est un saut important qui permet de mieux estimer l'impact de l'irradiation stellaire dans la structure des planètes géantes et le rôle de la migration dans son évolution". Les astronomes qui ont mené cette étude s'estiment très chanceux, souligne le communiqué : la probabilité géométrique qu'une telle planète soit alignée de sorte qu'ils la voient passer exactement devant son étoile était inférieure à 1%. L'annonce de la découverte est en cours de publication, avec un article soumis le 25 février à la revue européenne Astronomy and Astrophysics. Les chercheurs se préparent à poursuivre les études sur ce système exceptionnel avec un nouveau rendez-vous prévu le 5 juin entre la planète et l'étoile.