Une combinaison de substances actives prometteuse contre le virus de l'hépatite C Dans le cadre d'une collaboration entre l'université de médecine et d'odontologie de Tokyo et l'université médicale de Harvard, une équipe de chercheurs, menés par le professeur Hisashi MORIGUCHI, a identifié une nouvelle combinaison de médicaments efficace contre le virus de l'hépatite C. Rappelons que l'hépatite C est une inflammation du foie d'origine virale. Lorsqu'il s'agit d'une hépatite C chronique, elle peut aboutir à terme à une cirrhose ou à un cancer de cet organe. Il s'agit d'un problème de santé publique important au Japon, où l'on estime qu'entre 1,5 et 2 millions de personnes sont atteintes de la maladie. Le traitement de l'hépatite C utilise une combinaison de deux antiviraux : l'interféron-alpha et la ribavirine. Ces deux médicaments ont des effets secondaires en général réversibles mais non négligeables : la prise de ribavirine peut entraîner une anémie et l'intérféron-alpha peut provoquer l'apparition de symptômes analogues à ceux de la grippe. Par ailleurs, le traitement est efficace chez environ 50% des patients. Les chercheurs ont testé in vitro les effets d'une autre combinaison de médicaments sur le virus de l'hépatite C : la pitavastatine (substance indiquée contre l'hypercholestérolémie) et le rétinoïde acyclique (composé possédant des propriétés anticancéreuses, notamment contre le cancer du foie) ; ils ont également étudié les effets de l'association de ces deux substances avec l'interféron-alpha. Les deux combinaisons ont permis de réduire de façon significative la réplication virale, l'effet variant en fonction de la dose. Par ailleurs, les concentrations en statine et en interféron-alpha nécessaires pour obtenir une réduction à 90% de la réplication du virus sont diminuées par rapport à celles requises dans d'autres combinaisons de substances actives : par exemple, la concentration en interféron-alpha nécessaire est divisée par quatre. Un intérêt de l'association pitavastatine / rétinoïde acyclique / interféron-alpha est donc qu'elle permettrait d'administrer des concentrations plus faibles de ces composés, ce qui réduirait les effets secondaires. Enfin, les chercheurs ont utilisé des cellules iPS pour générer des cellules hépatiques humaines, afin d'étudier la toxicité de la combinaison de médicaments sur ces dernières. Il en est ressorti que cette combinaison n'est pas plus toxique pour le foie que le traitement de référence. La combinaison pitavastatine / rétinoïde acyclique / interféron-alpha semble donc représenter une piste prometteuse pour un nouveau traitement contre le virus de l'hépatite C. Par ailleurs, cette étude représente un des premiers exemples d'utilisation des cellules iPS pour la recherche translationnelle. source: buletin électronique japon