Tout sur l'hôpital Tout sur l'hôpital C'est un lieu très fréquenté ! Chaque année, pour diverses raisons, un Français sur trois se rend à l'hôpital : dans un gros établissement, comme un Centre hospitalier universitaire, ou une clinique, un hôpital local... C'est un lieu où l'on se rend souvent avec une certaine anxiété. Un univers à part, de plus en plus complexe et technique, mené par ces hommes et ces femmes en blanc, avec leur vocabulaire, leur "code"... Parfois nous rencontrons des soignants formidables, dévoués et très humains, mais d'autres fois les choses se passent mal, ou pas comme on se l'était imaginé. Bref, on a toutes les raisons pour appréhender le milieu hospitalier et avoir des difficultés à s'y retrouver. Le fonctionnement de l'hôpital a été profondément transformé au cours des années 2000, avec la mise en place des pôles d'activité et de la nouvelle gouvernance hospitalière. Il repose sur une étroite collaboration entre les différentes instances participant à la gestion de l'établissement. Le financement des hôpitaux a, lui aussi, été modifié par la réforme de l'assurance maladie intervenue en 2004. Les nouvelles modalités tiennent davantage compte de l'activité et du dynamisme de chaque établissement. L'organisation interne de l'hôpital Les établissements de santé sont organisés en pôles d'activité, qui se substituent peu à peu aux services et aux départements. Les pôles d'activité cliniques ou médico-techniques sont sous la responsabilité d'un praticien titulaire, qui dispose d'une autorité sur l'ensemble des équipes médicales, soignantes et d'encadrement. Le conseil d'administration Le conseil d'administration comprend trois catégories de membres : des représentants des collectivités territoriales (12 membres), des représentants du corps médical et des personnels hospitaliers (12 membres), des personnes qualifiées et des représentants des usagers (6 membres). Le conseil d'administration arrête la politique générale de l'établissement, ainsi que sa politique d'évaluation et de contrôle. Il délibère sur l'organisation des pôles d'activité et des structures internes. Il se prononce sur l'état prévisionnel des recettes et des dépenses. Il arrête également la politique d'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. démarches en cas d'urgence En France, la prise en charge des urgences médicales repose très largement sur les hôpitaux publics et sur les établissements privés participant au service public hospitalier. Pour compléter cette mission, les hôpitaux ont développé des services très performants : les Samu (services d'aide médicale urgente). En cas d'urgence médicale, composez le 15 Le 15 est le numéro de téléphone unique par département. Il donne directement accès au Samu (service d'aide médicale urgente). Le 15 est accessible 24 heures sur 24, depuis un téléphone fixe ou mobile. L'appel est gratuit. Une fois en ligne avec le Samu : > Parlez calmement et clairement, > Donnez votre numéro de téléphone (certains centres ne disposent pas encore des moyens de l'identifier automatiquement), > Donnez votre nom et celui du ou des malades ou blessés, > Indiquez le lieu ou l'adresse exacts, ainsi que l'étage et le code d'accès éventuel, > Précisez le nombre de personnes à soigner, > Décrivez le plus précisément possible la nature du problème. Ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur vous le demande. Le médecin peut avoir besoin d'autres renseignements ou peut vous donner des directives, par exemple sur les gestes à pratiquer dans l'attente des pompiers ou de l'équipe du Smur (service mobile d'urgence et de réanimation). Le Samu se chargera également de prévenir le service d'accueil de l'hôpital, ce qui permet aux équipes de se préparer avant l'arrivée du malade ou du blessé. vos interlocuteurs à l'hôpital Les hôpitaux regroupent plus de 150 métiers. Cette diversité de compétences constitue une assurance de qualité et de sécurité. Plusieurs équipes différentes composent ainsi le service hospitalier et chacun de vos interlocuteurs a un rôle défini et complémentaire. L'équipe médicale Elle se réunit régulièrement pour faire le point sur votre état de santé et prendre les décisions nécessaires. Elle est en contact avec votre médecin traitant, en accord avec vous. L'équipe médicale, dont la composition varie selon le type d'hôpital et de service, regroupe : 1. Le chef de service est le responsable de l'organisation générale du service et des traitements médicaux qui y sont dispensés. Dans les centres hospitalo-universitaires (CHU), il est également professeur de médecine. Le chef de service est assisté d'un ou plusieurs médecins. 2. L'anesthésiste est un médecin spécialiste. Il se renseigne sur vos antécédents médicaux et chirurgicaux et vous explique son rôle avant, pendant et après l'intervention. Au début de l'intervention chirurgicale, il pratiquera l'anesthésie (locale ou générale selon la nature de l'opération) et vous suivra jusqu'à votre réveil. 3. Le chef de clinique exerce sa spécialité en supervisant internes et étudiants, et en veillant au fonctionnement quotidien du service. Il assure un enseignement à la Faculté et souvent une activité de recherche. 4. L'interne est un médecin en formation générale ou spécialisée. Il a déjà effectué six ans d'études de médecine. Il vous examine chaque jour pendant la visite et chaque fois que votre état de santé le nécessite. 5. L'étudiant(e) en médecine (ou externe) est un futur médecin en cours de formation dans le service. Il peut participer aux actes médicaux sous la responsabilité des médecins et en fonction de son niveau de qualification. 6. L'attaché est un médecin de ville qui travaille à temps partiel à l'hôpital, en assurant des consultations ou en pratiquant certains examens. 7. La sage-femme assure, dans les maternités, les accouchements avec le gynécologue-obstétricien. Vous avez toujours le droit d'être informé sur votre maladie et votre traitement : ces renseignements peuvent être donnés par l'interne lors de sa visite quotidienne ou par les autres médecins du service à votre demande. N'hésitez jamais à demander des informations et à vous faire expliquer les termes que vous ne comprenez pas. consultation à l'hôpital Vous venez en consultation à l'hôpital Les consultations externes sont des consultations ambulatoires (pas d'hospitalisation), assurées par les praticiens de l'hôpital. Elles peuvent intervenir soit comme l'équivalent d'une consultation de ville, soit pour préparer une hospitalisation, soit pour assurer un suivi médical après une hospitalisation ou une intervention. Les pièces à fournir Afin de bénéficier d'une prise en charge totale ou partielle, il vous faudra présenter à l'accueil les documents suivants : > Votre carte Vitale et l'attestation accompagnant cette dernière, > Une pièce d'identité en cours de validité : carte d'identité, passeport, livret de famille, carte de séjour... > Votre carte de mutuelle, si vous en avez une, > Tout document justifiant d'une situation particulière : carnet de soins pour les personnes pensionnées de guerre, carnet de maternité, feuillet d'accident du travail, ordonnancier. Et pour les bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) : attestation d'affiliation à l'assurance maladie, ainsi que la carte Vitale indiquant les droits à un régime de protection santé complémentaire. > L'attestation de déclaration de votre médecin traitant (dans le cadre du parcours de soins coordonné), > Le cas échéant, le dossier que vous a remis votre médecin traitant ou hospitalier (lettre, radios, compte-rendu d'examen, d'analyse, etc.). les différents hôpitaux Les établissements publics de santé Le système hospitalier français se caractérise par la coexistence d'établissements de soins à caractère public et à caractère privé. Le secteur public représente 65% des lits et le secteur privé 35%. Le secteur public hospitalier sanitaire et social regroupe les établissements publics relevant des domaines sanitaire, social et médico-social (hôpitaux, centres hospitaliers spécialisés, maisons de retraite, maisons d'accueil spécialisé…). Sont regroupés sous l'appellation "hôpital public" les centres hospitaliers régionaux, les centres hospitaliers et les hôpitaux locaux, incluant ou non des maisons de retraite. Les établissements publics de santé sont des personnes morales de droit public. Ils assurent une mission de service public et sont soumis au contrôle de l'Etat. Le plus souvent rattachés à une commune, ils jouissent d'une certaine autonomie de gestion. Il existe différents types d'hôpitaux : > Les centres hospitaliers (CH) : leur mission est d'assurer toute la gamme des soins aigus en médecine, chirurgie et obstétrique ainsi que les soins de suite et de longue durée. Certains d'entre eux ont une vocation régionale et/ou universitaires. > Les hôpitaux locaux : implantés à distance des CH, ils assurent les soins médicaux courants des populations vivant en milieu rural. > Les centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie assurent la prise en charge des patients en psychiatrie. droits de l'usager à l'hôpital Tout usager de l'hôpital public dispose d'un certain nombre de droits. Ceux-ci ont été sensiblement renforcés par la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, ainsi que par la "Charte de la personne hospitalisée". Ces droits du patient vont de la garantie de la qualité des soins jusqu'à l'accès à l'information, en passant par le respect de l'intimité et de la vie privée. Outre les textes cités plus haut, leur mise en œuvre s'appuie sur une représentation des usagers au sein des différentes instances de l'hôpital public et sur l'existence d'un certain nombre d'instances de recours. En parallèle à ces droits nouveaux et étendus, il est essentiel - pour la sécurité et la santé de chacun - que patients et visiteurs respectent un certain nombre de règles qui faciliteront le séjour à l'hôpital. L'usager est au cœur des préoccupations de l'hôpital public. Celui-ci doit accueillir tout patient, sans discrimination de. quelque nature que ce soit. Les droits de l'usager sont précisés dans la "Charte de la personne hospitalisée" (circulaire du 2 mars 2006), qui doit être portée à la connaissance de chaque personne hospitalisée. Cette charte est accessible en sept langues (allemand, anglais, espagnol, italien, chinois, portugais et arabe. démarches en cas d'hospitalisation Toute hospitalisation s'accompagne d'un certain nombre de formalités. Dans le cas d'une hospitalisation programmée, il importe également de préparer votre séjour et de connaître les personnes auxquelles vous aurez à faire. Voici tout ce qu'il faut savoir sur la façon dont va se dérouler cette période. Votre admission Les formalités et les documents à apporter > Vous êtes admis à la suite d'une urgence : Les formalités seront réduites au minimum. Vous-même - ou l'un de vos proches - devrez toutefois présenter les documents nécessaires au bureau des admissions dans les meilleurs délais. > Vous êtes admis à la suite d'une consultation ou d'un rendez-vous Dans ce cas, munissez-vous : • de votre carte d'identité ou de votre carte de séjour, • de votre carte Vitale et de l'attestation papier qui l'accompagne, • d'un justificatif de domicile (facture EDF, quittance de loyer). Munissez vous aussi des documents relatifs à votre couverture santé complémentaire : • votre carte d'adhérent à une mutuelle ou à une compagnie d'assurances, • ou votre attestation CMU (couverture maladie universelle) complémentaire, • ou votre attestation d'aide médicale État. Dans le cas d'un accouchement, n'oubliez pas la feuille de suivi de la maternité. Sachez également que, dans tous les cas, vous devez communiquer au service des admissions les coordonnées du médecin traitant que vous avez déclaré à la sécurité sociale. > Les informations médicales à fournir. Dans le cas d'une hospitalisation programmée - et si vous n'avez pas déjà un dossier au sein de l'hôpital -, pensez à apporter toutes les informations médicales même anciennes, en votre possession : • votre carnet de santé, • les ordonnances, résultats d'analyses, radiographies, électrocardiogrammes, carte de groupe sanguin, • la lettre de votre médecin traitant. Dès votre arrivée, pensez également à indiquer à l'infirmière si vous suivez un traitement. Si vous êtes salarié, n'oubliez pas de prévenir aussi votre employeur dès le début de votre hospitalisation. Vous lui confirmerez ensuite votre hospitalisation à l'aide d'un bulletin de situation. Demandez-le au service des admissions ou au cadre infirmier, qui vous le fournira après 24 heures d'hospitalisation. Si vous n'avez pas de carte Vitale... À défaut de présenter la carte Vitale et l'attestation papier qui l'accompagne, voici les documents qu'il vous faudra remettre au bureau des admissions, selon votre situation : - Si vous êtes salarié(e) : votre dernier bulletin de salaire, - Si vous êtes chômeur indemnisé : votre dernière attestation Assedic, - Si vous êtes retraité(e) : votre titre de retraite, - Si vous êtes ressortissant de l'Union européenne : votre carte européenne d'assurance maladie ou le formulaire de prise en charge E111 ou E112, - Si vous venez d'un pays hors Union européenne : la prise en charge délivrée par votre organisme de sécurité sociale. Si vous ne pouvez fournir aucun de ces documents, votre caisse d'assurance maladie peut établir, sous certaines conditions, une attestation en urgence de la couverture maladie universelle (CMU) ou une attestation de l'aide médicale de l'État (AME). Cette procédure se fera à votre demande ou à l'initiative de l'établissement hospitalier dans lequel vous êtes admis. accès sur votre dossier Toute personne a accès à l'ensemble des informations le concernant, détenues par les professionnels de santé et qui ont contribué à l'élaboration et au suivi du diagnostic et du traitement. L'accès au dossier médical du malade peut désormais se faire directement ou par l'intermédiaire d'un praticien. Qui peut demander l'accès au dossier médical ? Tout patient peut demander à accéder à son dossier médical auprès du professionnel de santé ou de l'établissement de santé. A défaut du patient lui-même, cette demande peut-être effectuée par son ayant droit (en cas de décès de l'intéressé), par le titulaire de l'autorité parentale (pour les mineurs), par le tuteur (pour les personnes sous tutelle) ou par le médecin désigné comme intermédiaire. La communication du dossier médical doit intervenir au plus tard dans les huit jours suivant la demande et au plus tôt dans les 48 heures. Si les informations remontent à plus de cinq ans, ce délai est porté à deux mois. Cette période de cinq ans court à partir de la date à laquelle l'information médicale a été constituée.