Nouvelle forme de paludisme provenant de singes confirmée chez des humains Une nouvelle forme de paludisme potentiellement fatale chez les humains et provenant des singes a été cliniquement confirmée par une équipe de chercheurs en Malaisie dont les travaux paraissent mercredi dans la revue Clinical Infectious Diseases. Cette recherche, financée par la fondation britannique Wellcome Trust, a permis de déterminer les principales caractéristiques cliniques de ce nouveau paludisme, ouvrant la voie à un diagnostic plus rapide et un traitement plus efficace. Les auteurs de cette étude, conduite par les professeurs Balbir Singh et Janet Cox-Singh de l'Université de Sarawak en Malaisie, ont montré que le parasite P. knowlesi, dont on pensait qu'il infectait seulement certaines espèces de singes dans les forêts tropicales d'Asie du Sud-est était, en fait répandu chez les humains en Malaisie. Des données épidémiologiques de pays voisins montrent que ce parasite y est la cinquième cause de paludisme chez les humains. "Le parasite P. knowlesi peut être aisément confondu avec un autre parasite responsable du paludisme appelé P. malariae puisqu'ils paraissent très similaires au microscope", explique le professeur Singh. "Mais le P. malariae provoque des formes bénignes de paludisme (...) tandis que le parasite P. knowlesi (d'origine simiesque) se reproduit toutes les 24 heures dans le sang, rendant l'infection potentiellement mortelle", explique-t-il. Un diagnostic précoce et un traitement adapté sont donc essentiels. Cette recherche a été conduite sur un groupe de 150 patients admis à l'hôpital Kapit à Sarawak entre juillet 2006 et janvier 2008 et qui avaient été testés positifs pour une des espèces de parasites responsables du paludisme. Recourant à des méthodes de détection moléculaires, les chercheurs ont découvert que le parasite P. knowlesi était beaucoup plus répandu parmi les personnes infectées, comptant pour plus des deux-tiers des cas. La plupart des malades infectés avec le P. knowlesi d'origine simiesque n'ont pas souffert de complications et ont été aisément traités avec de la chloroquine et de la primaquine, les deux médicaments antipaludisme les plus utilisés. Toutefois, un patient sur dix dans le groupe étudié a souffert de complication et deux sont décédés. Avec un taux de mortalité un peu inférieur à 2%, le parasite P. knowlesi du paludisme est aussi mortel que le P. falciparum. Mais la mortalité pourrait être plus élevée, mettent en garde les auteurs de l'étude, qui soulignent que le petit nombre de cas observés rend toute extrapolation difficile. Le paludisme tue plus d'un million de personnes par an, surtout les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes, notamment en Afrique subsaharienne. Les parasites responsables du paludisme sont transmis par la piqûre de la femelle d'un moustique, l'anophèle.