Les traitements antidiabète sous surveillance. Les autorités sanitaires en scrutent les dangers. Les laboratoires doivent intensifier la recherche sur cette pandémie, un marché d'avenir pour eux. Quel traitement pour le diabète ? La réponse est loin d'être simple, alors qu'elle devient cruciale, tant la pandémie se répand. Celle-ci affecte aujourd'hui 6% de la population mondiale, soit 285 millions de personnes, et pourrait toucher 440 millions de patients à l'horizon 2030. Pourtant, chacun à leur tour, les antidiabétiques se retrouvent dans le collimateur des autorités sanitaires. Et celles-ci ont bien du mal à adopter une position commune à leur sujet. Fin 2010, l'Europe a ainsi demandé le retrait de l'Avandia, un traitement commercialisé par le britannique GSK, car il accroît les risques cardiovasculaires. Mais la FDA, l'agence du médicament américaine, a accepté son utilisation dans certaines conditions. Plus récemment, l'Actos et le Competact, du groupe pharmaceutique japonais Takeda, ont été accusés d'augmenter le risque de cancer de la vessie. Résultat, la France a suspendu en juin l'utilisation de ces glitazones. L'EMA, l'autorité européenne du médicament, a pourtant pris une position différente quelques semaines plus tard, le 22 juillet, en conseillant leur maintien « pour certains patients atteints de diabète de type 2». Cela n'empêche pas la France de camper sur sa position. Les autorités de l'Hexagone sont bien décidées à lancer un recours pour obtenir gain de cause, alliées à l'Allemagne et à d'autres pays européens, si Bruxelles suit l'avis de l'EMA. L'enjeu est énorme pour Takeda. Le groupe nippon a réalisé l'an dernier 27% de son chiffre d'affaires (3,5 milliards d'euros sur un total de 12,9 milliards) avec ses traitements contre le diabète Actos et Competact. Besoin de nouveaux traitements. Heureusement, la privation d'Actos ne place pas les diabétiques dans une situation dramatique. Pour les centaines de milliers d'utilisateurs d'Actos en France (sur près de 3 millions de diabétiques déclarés), «cela complique la recherche du traitement qui équilibre leur diabète. Mais les médecins et les malades n'ont jamais eu un arsenal aussi large à leur disposition», assure Gérard Raymond, président de l'Association française des diabétiques (AFD). Cette maladie, que rien ne guérit aujourd'hui, a pourtant besoin de nouveaux traitements. Et comme le marché du diabète dépasse déjà les 40 milliards de dollars, beaucoup de laboratoires s'y intéressent. Leurs études portent sur des paramètres de plus en plus nombreux. La société de biotechnologie française Genfit travaille ainsi sur la prévention de cette pandémie et sur des marqueurs liés à l'hypertension, à certains désordres lipidiques, aux dysfonctionnements du pancréas. Reste que «le traitement, ce n'est pas une belle molécule, mais la prise en charge globale de la personne, c'est-à-dire sa qualité de vie (y compris les systèmes d'administration des produits et de mesure du glucose), son environnement, la diététique, l'exercice», explique Gérard Raymond. «L'innovation dans le diabète provient de solutions globales patients davantage que de produits», assure de son côté Pierre Chancel, responsable de la division diabète de Sanofi. Le laboratoire, qui distribue l'insuline Lantus (3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2010, mais dont le brevet qui expire en 2014), mise sur la combinaison des molécules et des technologies médicales. D'ici à cinq ans, Sanofi espère commercialiser des systèmes innovants pour administrer les produits. Et, d'ici à fin 2012, le groupe pharmaceutique tricolore déposera, en Europe et aux États-Unis, le dossier du lixisénatide, un analogue du GLP-1 développé en partenariat avec le petit laboratoire danois Zealand Pharma. L'objectif fixé par son directeur général, Chris Viehbacher, est ambitieux. Les ventes liées au diabète doivent bondir de plus de 40% d'ici à 2013, pour atteindre 6 milliards d'euros. source: LeFigaro.fr.