Les cellules souches dans la lutte contre la maladie de Parkinson La maladie de Parkinson touche aujourd'hui près de 40 millions de personnes dans le monde, entre 100.000 et 120.000 personnes en France, et 15.000 personnes environ en Suisse. Affection neurodégénérative, chronique et lentement évolutive, la maladie de Parkinson atteint les neurones dopaminergiques situés à la base du cerveau, neurones qui libèrent la dopamine, neurotransmetteur essentiel pour le contrôle des mouvements. Les symptômes, apparaissant parfois dix ans après les débuts de la maladie, sont principalement des troubles moteurs : mouvements lents, tremblements, raideur. Les traitements actuels pharmacologiques ne peuvent que diminuer l'amplitude de ces symptômes, sans pour autant parvenir à enrayer la progression de la maladie. Dans le cadre de la lutte contre ce fléau, le Fonds national suisse pour la recherche scientifique (FNS) vient d'allouer 1,43 million d'euros à Prometheus, projet multidisciplinaire emmené par plusieurs équipes de chercheurs des hôpitaux universitaires de Genève (HUG), en collaboration avec les universités de Fribourg et de Lund en Suède. L'objectif de ce projet est de lutter contre la maladie de Parkinson en greffant au cerveau des patients des cellules souches différenciées en neurones dopaminergiques. Les tests sont effectués sur des animaux : dans un premier temps, les cellules souches d'embryons sont différenciées en neurones dopaminergiques, étape réalisée au Laboratoire de thérapie cellulaire expérimentale des HUG du professeur Karl-Heinz Krause. Le professeur Krause espère obtenir un taux de différenciation de 20 à 50%. La principale difficulté à contourner est la possibilité de mutation en tumeur des cellules souches, qui concerne 1 à 2% des cellules initiales. Un tri à l'aide d'un champ magnétique est envisagé. L'injection des cellules est prévue dans un premier temps sur des souris, expérience qui devait être poursuivie sur des macaques à l'Université de Fribourg (expérimentation cependant menacée par la décision récente du tribunal fédéral concernant d'autres expérimentations sur des singes). Les tests cliniques devraient débuter d'ici 3 à 4 ans, après définition précise du protocole et des critères d'intervention, notamment liés à l'âge des premiers patients à traiter. source: buletin électronique