Le manque de sommeil est mauvais pour notre coeur Le CHU de Charleroi en association avec l'ULB étudie la relation entre la réduction du temps de sommeil et les risques cardiovasculaires. Nos sociétés occidentales au fonctionnement quasi continu 24h sur 24, 7 jours sur 7, favorisent l'éveil au détriment du sommeil. Dès lors, de plus en plus d'individus sont chroniquement en manque de sommeil soit par obligation professionnelle (travail de nuit ou à pauses, longues journées) soit par choix personnel (activités sociales, tv, internet..). L'impact de cette réduction chronique de sommeil sur la vigilance, l'humeur, le bien-être et la santé est actuellement peut-être sous estimé. Si la compréhension des mécanismes reliant restriction de sommeil, performances et vigilance commencent à être documentés, les effets à plus long terme du manque de sommeil sur la santé et les maladies cardiovasculaires notamment est peu connu. Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence une relation entre une réduction de la durée de sommeil et les pathologies cardiovasculaires. Le Laboratoire de Sommeil du CHU de Charleroi dirigé par le Dr Myriam Kerkhofs associé aux Dr Pierre Van Antwerpen (Institut de Pharmacie, ULB), le Dr Luc Vanhamme (Faculté des Sciences, ULB, IBMM Gosselies) et le Dr Karim Zouaoui Boudjeltia (Laboratoire de Médecine Expérimentale, ULB 222 Unit, Faculté de Médecine, implanté au CHU de Charleroi) en collaboration avec le Dr Brice Faraut (Paris) ont publié deux travaux (Brain Behavior and Immunity et PlosOne) portant sur les effets d'une restriction de sommeil sur les facteurs de risque cardiovasculaire et les processus de récupération après privation de sommeil. Ces deux travaux ont été financés par le projet Européen Marie-Curie "Sleep Restriction" (European Union Grant MCRTN-CT-2004-512362). Ces chercheurs ont montré dans leur premier travail qu'une sieste de 20 minutes le lendemain d'une restriction de sommeil aigüe (2h de sommeil) permettait de normaliser les perturbations du système immunitaire induites par cette même restriction. Dans le second travail, ils ont mis en évidence que la première nuit de récupération suivant une restriction chronique de sommeil (un sommeil de 5 heures durant 5 nuits) induisait un stress oxydatif, phénomène jusque là inconnu. Qu'est-ce que le stress oxydatif ? Il s'agit de la production quotidienne par les cellules de notre corps de ce que l'on appelle les "radicaux libres". Ces substances sont très agressives et réagissent avec les composants de la cellule (gènes, enzymes, paroi) en les abîmant. Or, ces dernières années de nombreux chercheurs ont mis en évidence un lien entre le stress oxydatif et les maladies cardiovasculaires. Ces travaux représentent une avancée dans la compréhension des mécanismes liant manque de sommeil et maladies cardiovasculaires et ouvrent de nouvelles voies dans l'étude des effets du manque chronique de sommeil sur notre santé. source: buletin électronique belgique