La vitamine du soleil. La plupart d'entre nous manquons de vitamine D. Pourtant cette vitamine, apportée surtout par le soleil, est connue pour son rôle dans la prévention de nombreuses maladies. Le soleil est bon pour la santé, à condition de ne pas en abuser A la différence de ses acolytes A, B et consorts, la vitamine D n'est pas à puiser en priorité dans notre assiette, mais dans le soleil. « Les deux tiers de nos réserves doivent être constituées grâce au soleil, l'autre tiers étant apporté par l'alimentation », précise le Dr Brigitte Houssin (1), spécialiste de la vitamine D. L'astre est en effet le premier chaînon, indispensable, du long processus de fabrication de la vitamine D : ses UVB transforment le déhydrocholestérol, un dérivé du cholestérol situé sous la peau, en cholécalciférol. D'autres réactions s'enchaînent alors, jusqu'à obtention de la forme active de la vitamine D. Mais nous ne sommes pas tous égaux face à cette vitamine. Premier facteur à prendre en compte : notre pigmentation. La mélanine, pigment qui donne sa couleur à la peau, agit comme une barrière. Conséquence : plus la peau est claire, plus vite la vitamine est fabriquée ; plus elle est foncée, plus l'exposition au soleil devra être longue pour synthétiser la même quantité de vitamine. Second paramètre : notre âge. Avec les années, notre capacité à synthétiser la vitamine s'amenuise. Enfin, tout ce qui influence notre exposition au soleil - latitude, période de l'année, habitudes vestimentaires - sont autant de paramètres qui jouent sur notre fabrication de vitamine D. La vitamine de la prévention. Jusqu'à présent, la vitamine D était principalement mise en avant pour son action sur le calcium, dont elle favorise l'absorption par l'intestin, la fixation sur les os et l'élimination par les reins. « Pas de vitamine D : os en mauvaise santé », résume Brigitte Houssin, soulignant le rôle de cette molécule dans la prévention de l'ostéoporose, des fractures, du rachitisme, mais aussi de toutes les douleurs de l'appareil musculo-squelettique. Mais son action va bien au-delà. « Sa forme la plus active se comporte comme une hormone », explique la spécialiste. « Partout dans le corps, nous avons des récepteurs à la vitamine D. » Une présence diffuse qui laisse présager une action bien plus large que celle sur la santé de nos os. On sait par exemple qu'en boostant la sécrétion de substances antimicrobiennes, la vitamine D aide à lutter contre les infections. Des travaux montrent également son rôle préventif contre les maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques, le diabète de type 1 ou la mucoviscidose, et également contre les infarctus. Une action anticancer. « De multiples études ont établi qu'un taux suffisant de vitamine D est associé, indépendamment des autres facteurs de santé, avec une incidence plus faible de plusieurs types de cancers, dont celui du sein, du côlon, des ovaires, des lymphomes non hodgkiniens », ont estimé en février dernier 40 scientifiques du monde entier, signataires d'un appel en faveur d'un supplément de vitamine D (2). Peut mieux faire. Pour bénéficier de cette protection, encore faut-il un taux de vitamine D conséquent. Or, en France, plus de 70 % des adultes ont un statut en vitamine D insuffisant, selon une étude récente (3). En cause : un mode de vie qui nous éloigne de plus en plus du soleil, la pollution qui filtre une partie des UVB, mais aussi les crèmes solaires et les messages sanitaires nous mettant en garde contre les dangers du soleil. Si l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) fixe à 5 microgrammes par jour nos apports nutritionnels conseillés, les experts de la vitamine D sont unanimes pour monter ce taux à 25 microgrammes, taux « santé » auquel la vitamine D montre tous ses bienfaits. Conclusion : nous avons tous intérêt à booster notre taux de vitamine D. Utiliser le soleil. à bon escient. « L'abus de soleil favorise les cancers de la peau. » « Le manque de soleil, faute de vitamine D, favorise le cancer des organes ». Entre ces deux allégations scientifiquement prouvées, il s'agit donc de trouver sa juste dose de soleil. Pour cela, il faut être attentif à un signe auquel lors de toute exposition : la rougeur, qui nous signale que notre peau ne peut plus se défendre. En pratique, l'idéal serait de s'exposer tous les jours au soleil. Mais combien de temps ? Impossible de généraliser, notre tolérance au soleil dépendant de nombreux facteurs : phototype, latitude, altitude, heure d'exposition, tabagisme, âge, prise d'antioxydants. Un seul message à retenir donc, et à mettre en pratique individuellement : « la peau ne doit pas changer de couleur », résume Brigitte Houssin. A condition, toutefois, de ne pas utiliser de crème solaire, qui fausse la donne en nous protégeant des coups de soleil. () Suvimax : « Supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants », vaste étude de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) visant à mettre en lumière les liens entre santé et alimentation. Les aliments riches en vitamine D. L'huile de foie de morue est, de loin, l'aliment le plus riche en vitamine D. Viennent ensuite le jaune d'oeuf, le saumon cuit, le hareng mariné, le maquereau cuit, les sardines à l'huile, les huîtres. Bébé et supplémentation en vitamine D. Depuis 1992, les laits infantiles sont enrichis en vitamine D, mais cette supplémentation n'est pas suffisante. De la vitamine D en gouttes, à donner quotidiennement de préférence, est donc systématiquement prescrite aux nourrissons. La dose sera augmentée chez les bébés allaités. source: FranceSoir.fr