Cortex cérébral à l'étude Le WelBio finance jusqu'en 2013, cinq projets de recherche de l'ULB dont celui de Pierre Vanderhaeghen (IRIBHM) sur le cortex cérébral. Le cortex cérébral a quelque chose de passionnant : structure la plus évoluée et la plus importante du cerveau humain, le cortex n'est présent que chez les mammifères, et l'homme a le privilège d'en posséder la version la plus grande et la plus sophistiquée. Depuis plusieurs années, Pierre Vanderhaeghen et son équipe de l'IRIBHM (Faculté de Médecine) étudient cette structure étonnante. Les chercheurs ont réussi à modéliser le développement du cortex cérébral à partir de cellules souches embryonnaires, d'abord de souris, désormais humaines. "Nous voulons comprendre dans quelle mesure ces cellules générées artificiellement au laboratoire peuvent être utilisées face à la maladie. Peuvent-elles remplacer les cellules originelles ? Peuvent-elles réparer une aire spécifique du cortex cérébral ? Comment réussir à générer un circuit neuronal spécifique ? Et peut-on les utiliser pour générer des modèles utiles de ces maladies afin de développer de nouveaux traitements ?" interroge Pierre Vanderhaeghen. Grâce au soutien de l'Institut wallon virtuel de recherche d'excellence dans les domaines des sciences de la vie, WelBio, le laboratoire de l'IRIBHM va tenter d'apporter des réponses à ces questions fondamentales. Les chercheurs vont travailler en particulier sur deux aires du cortex - visuelle et motrice - et étudier comment réparer ces aires endommagées, par exemple, lors d'un accident vasculaire cérébral. Perspectives cliniques. "Il existe de nombreuses similitudes entre le développement du cortex cérébral chez la souris et chez l'homme, mais aussi des différences majeures. Chez l'homme, les cellules progénitrices qui prolifèrent sont plus nombreuses, elles se diversifient en une plus grande variété de cellules nerveuses ; elles mettent plus de temps à générer ces cellules nerveuses, mais cette lenteur relative est sans doute à la base de leur développement plus sophistiqué... Nous étudions ces deux modèles - la souris, l'homme - en parallèle et essayons d'identifier les gènes impliqués dans ces développements distincts, en espérant ainsi comprendre certains des mécanismes de l'évolution de notre cerveau" explique Pierre Vanderhaeghen. Si le questionnement peut paraître purement fondamental, les perspectives cliniques sont également bien présentes. On connaît en effet nombre de maladies - par exemple les microcéphalies, la schizophrénie ou encore l'autisme - qui sont affectées par ces processus de développement neuronal typiquement humain. Enfin, dernier volet du projet WelBio, le laboratoire de Pierre Vanderhaeghen va travailler en collaboration avec le Service de génétique de l'Hôpital Erasme, en générant des cellules souches pluripotentes "induites" à partir de cellules de peau de patients atteints de maladies neurologiques d'origine génétique. Ces cellules seront ensuite utilisées dans des modèles de développement cérébral mis au point dans son laboratoire. Les chercheurs espèrent identifier les mécanismes à l'origine de maladies neurodéveloppementales et ainsi arriver peut-être un jour à développer des traitements spécifiques de ces maladies encore incurables. Plateforme. "A terme, nous souhaiterions créer sur le campus Erasme une plateforme d'étude du développement du cerveau humain, combinant génétique, clinique neurologique et technologies des cellules souches pluripotentes induites. Cette plateforme réunirait des chercheurs fondamentaux et des cliniciens, tels que des neurologues, des neuropsychiatres, des généticiens et des neuropédiatres, qui pourraient travailler ensemble afin de développer de nouveaux outils diagnostiques et thérapeutiques des maladies neurogénétiques. Ces projets sont aussi étroitement liés à la recherche pharmaceutique", souligne Pierre Vanderhaeghen, "car le développement cérébral pathologique est la cause de plusieurs maladies encore incurables du cerveau, notamment celles liées à l'autisme, et les technologies que nous développons offrent de nombreuses possibilités innovantes dans ce domaine. Le WelBio est pour nous une formidable opportunité, une impulsion financière majeure, à moyen terme, avec une liberté d'action réelle : nous pouvons prendre des risques et nous montrer innovants". source: buletin électronique