FRANK Anne. Victime de génocide, Victime de meurtre (Allemande) Née le 12 juin 1929 Décédée en mars 1945 (approximativement) (à l'âge d'environ 16 ans). Annelies Marie Frank, plus connue sous le nom de Anne Frank (12 juin 1929 - début mars 1945), est une adolescente allemande juive née à Francfort-sur-le-Main en Allemagne qui a écrit un journal intime alors qu'elle se cachait avec sa famille et quatre amis à Amsterdam pendant l'occupation allemande de la Seconde Guerre mondiale. Suite à l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en janvier 1933, la famille quitta Francfort pour Amsterdam fin 1933 afin d'échapper aux persécutions nazies, mais fut arrêtée après l'invasion des Pays-Bas. Alors que les persécutions à l'encontre des Juifs s'intensifiaient, sa famille se cacha en juillet 1942 dans un appartement secret aménagé dans l'Annexe de l'entreprise Opekta d'Otto Frank, son père. Anne avait alors treize ans environ. Après deux ans passés dans ce refuge, le groupe fut trahi et déporté vers les camps d'extermination nazis. Sept mois après son arrestation, Anne mourut du typhus dans le camp de Bergen-Belsen quelques jours après le décès de sa soeur Margot. Son père Otto, l'unique survivant du groupe, revint à Amsterdam à la fin de la guerre et apprit que le journal d'Anne avait été sauvegardé. Convaincu du caractère unique de l'oeuvre de sa fille, Otto tenta de le faire éditer. À l'origine, il fut publié sous le titre Het Achterhuis : Dagboekbrieven van 12 Juni 1942 - 1 Augustus 1944 (L'arrière-cour : notes du journal du 12 juin 1942 au 1er août 1944). Dans le journal, qui lui fut offert pour son treizième anniversaire, Anne relate sa vision des évènements, depuis le 12 juin 1942 jusqu'au 1er août 1944. Il a depuis été traduit du néerlandais en de nombreuses langues et est devenu l'un des livres les plus lus dans le monde. Plusieurs films, téléfilms, pièces de théâtre et opéras sont basés sur cette oeuvre. Décrit comme le travail d'un esprit mature et perspicace, il donne un point de vue intime et particulier sur la vie quotidienne pendant l'occupation par les nazis ; par ses écrits, Anne Frank devint l'une des victimes de l'Holocauste les plus célèbres. Anne Frank, seconde fille d'Otto Heinrich Frank (12 mai 1889-19 août 1980) et d'Edith Holländer (16 janvier 1900-6 janvier 1945), naquit le 12 juin 1929 à Francfort-sur-le-Main en Allemagne. Elle avait une soeur prénommée Margot (16 février 1926- mars 1945). Son nom de naissance était Annelies Marie, mais pour sa famille et ses amis, elle était simplement « Anne ». Son père l'appelait parfois « Annelein » (« petite Anne »). La famille vécut dans une communauté mixte de citoyens juifs et non-juifs, et les enfants grandirent en côtoyant des amis de confession catholique, protestante et juive. Les Frank étaient juifs réformistes, pratiquant beaucoup des traditions de la foi juive, sans observer l'ensemble des coutumes. Edith Frank était la plus dévouée à sa foi de la famille. Otto Frank, ancien officier allemand décoré pendant la Première Guerre mondiale, voulait poursuivre ses études et possédait une importante bibliothèque ; les deux parents encourageaient leurs filles à lire. En mars 1933, les élections pour renouveler le conseil municipal de Francfort virent le parti Nazi d'Adolf Hitler l'emporter. Des manifestations antisémites eurent immédiatement lieu, et les Frank commencèrent à craindre pour leur sécurité s'ils restaient en Allemagne. Plus tard la même année, Edith et les enfants se rendirent à Aachen (Allemagne) pour habiter avec Rosa Holländer, la mère d'Edith. Otto Frank resta à Francfort, mais après avoir reçu une offre pour démarrer une affaire à Amsterdam, il s'y rendit pour organiser la société et préparer la venue de sa famille. Otto Frank commença à travailler chez Opekta Works, une société qui vendait la pectine extraite des fruits, et trouva un appartement à Merwedeplein dans la banlieue d'Amsterdam. En février 1934, Edith et les enfants arrivèrent à Amsterdam et les deux filles furent inscrites à l'école ; Margot dans une école publique et Anne dans une école montessorienne. Margot montra ses facultés en arithmétique et Anne découvrit ses aptitudes à la lecture et l'écriture. Son amie Hannah Goslar se rappela plus tard que pendant sa tendre enfance, Anne Frank écrivait régulièrement, cachant ses écrits avec sa main et refusant de discuter du contenu de ceux-ci. Ces écrits précoces n'ont pas traversé l'histoire jusqu'à nous et ont été égarés. Anne et Margot avaient deux personnalités bien distinctes ; Margot était maniérée, réservée et studieuse tandis qu'Anne était expressive, énergique et extravertie. En 1938, Otto Frank démarra une seconde affaire en partenariat avec Hermann van Pels, un boucher qui avait fui Osnabrück en Allemagne avec sa famille. En 1939, la mère d'Edith vint vivre avec les Frank et resta avec eux jusqu'à sa mort en janvier 1942. En mai 1940, l'Allemagne envahit les Pays-Bas. Le gouvernement d'occupation commença à persécuter les Juifs en instaurant des lois répressives et discriminatoires, et l'inscription obligatoire et la ségrégation des Juifs s'ensuivirent rapidement. Margot et Anne excellaient alors dans leurs études et avaient de nombreux amis, mais l'application d'un décret statuant que les enfants juifs ne pouvaient suivre des cours que dans des écoles juives, elles furent inscrites au Lycée juif. Pour son treizième anniversaire le 12 juin 1942, Anne reçut un petit carnet qu'elle avait montré à son père dans un magasin quelques jours plus tôt, qu'elle appela « Kitty ». Bien que ce fût un livre d'autographes, relié avec un morceau de tissu rouge et blanc et muni d'une petite fermeture à l'avant, Anne avait déjà décidé de l'utiliser comme journal. Elle commença à y écrire presque immédiatement, se décrivant personnellement, décrivant sa famille et ses amis, sa vie à l'école, les garçons avec lesquels elle flirtait et les endroits du voisinage qu'elle aimait visiter. Si ces premiers écrits montrent que sa vie était celle d'une écolière typique, ils abordent également les changements dont Anne a été témoin depuis le début de l'occupation allemande. Quelques références sont apparemment occasionnelles et non soulignées. Néanmoins en quelques passages, Anne fournit plus de détails sur l'oppression grandissante. Par exemple, elle écrit à propos de l'étoile jaune que les Juifs étaient obligés de porter en public, et elle lista quelques restrictions et persécutions qui bouleversèrent la vie de la population juive d'Amsterdam. En juillet 1942, Margot Frank reçut un avis de mobilisation du Bureau central de l'immigration juive (Zentralstelle für jüdische Auswanderung) lui ordonnant de se présenter pour être relogée dans un camp de travail. On expliqua alors à Anne le plan qu'Otto avait préparé avec ses employés les plus fidèles, et dont Margot avait eu connaissance depuis quelque temps : la famille devait aller se cacher dans des pièces au-dessus et à l'arrière des bureaux de la société sur le Prinsengracht, une rue le long d'un des canaux d'Amsterdam. Le matin du 6 juillet 1942[1], la famille alla s'installer dans la cachette.. Leur appartement fut laissé dans un désordre apparent pour donner l'impression qu'ils étaient partis soudainement, et Otto Frank laissa une note indiquant qu'ils s'en étaient allés en Suisse. La nécessité du secret de l'opération fit qu'ils durent abandonner le chat d'Anne, Moortje. Comme les Juifs n'avaient pas le droit d'utiliser les transports publics, ils marchèrent pendant plusieurs kilomètres depuis leur appartement, chacun revêtant plusieurs couches de vêtements pour qu'on ne s'aperçoive pas qu'ils transportaient des valises. L'annexe (Achterhuis) était un espace à trois niveaux à l'arrière du bâtiment auquel on accédait par un palier situé au-dessus des bureaux de la société Opekta. Au premier niveau étaient deux petites pièces avec une salle de bains et des toilettes adjacentes. Au dessus il y avait un vaste espace ouvert avec une petite pièce adjacente. Depuis cette petite pièce une échelle donnait sur le grenier. La porte de l'Annexe fut par la suite cachée par une bibliothèque pour éviter qu'elle ne soit découverte. L'immeuble principal, situé à un bloc de Westerkerk était un vieil immeuble banal et typique des quartiers ouest d'Amsterdam. Victor Kugler, Johannes Kleiman, Miep Gies et Bep Voskuijl étaient les seuls employés qui savaient que la famille Frank se cachait et, avec Jan Gies le mari de Miep et Johannes Hendrik Voskuijl le père de Bep, les ont aidés pendant la durée de leur confinement. Ils étaient le seul contact entre les occupants de l'Annexe et le monde extérieur ; ils les tenaient au courant des nouvelles de la guerre et des évènements politiques. Ils ont subvenu à tous leurs besoins, assuré leur sécurité et les ont ravitaillés en nourriture, une tâche de plus en plus difficile à mesure que le temps passait. Anne évoque dans son journal leur dévouement et leurs efforts pour garder le moral des occupants de l'Annexe pendant les moments les plus dangereux. Ils étaient tous conscients du fait qu'ils encourraient la peine de mort s'ils étaient pris à cacher des Juifs. À la fin du mois de juillet, la famille Frank fut rejointe par la famille van Pels (rebaptisée « Van Daan » dans le livre - la plupart des noms ayant été modifiés, hormis la famille Frank) : Hermann, Augusta (rebaptisée Petronella), et leur fils Peter âgé de 16 ans, puis en novembre par Fritz Pfeffer, un dentiste et ami de la famille. Anne écrit son plaisir d'avoir de nouvelles personnes à qui parler, mais des tensions survinrent rapidement dans le groupe, forcé de vivre dans un environnement restreint. Après avoir partagé sa chambre avec Pfeffer, elle le trouva insupportable, et elle se disputa avec Augusta van Pels, qu'elle considérait comme une idiote. Ses relations avec sa mère étaient tendues et Anne écrivit qu'elles avaient peu de choses en commun car sa mère était trop distante. Bien qu'elle ait parfois eu des disputes avec Margot, elle écrit à propos du lien inattendu qui se développa entre elles, bien qu'elle restât émotionnellement plus proche de son père. Quelque temps plus tard, après avoir d'abord écarté les avances du timide et maladroit Peter van Pels, elle s'aperçut de ses sentiments naissants pour Peter et ils eurent une liaison[2]. Anne passait l'essentiel de son temps à lire et étudier, tout en continuant à écrire son journal. En plus de fournir une description des évènements dans leur ordre chronologique, elle écrivit également à propos de ses sentiments, sa peur de vivre cachée, ses croyances, ses ambitions parmi lesquelles celle de devenir journaliste et écrivain, des thèmes qu'elle ne pensait pouvoir partager avec personne. À mesure que sa confiance dans son style d'écriture grandissait et qu'elle devenait plus mature, les sujets qu'elle aborda devinrent plus abstraits, comme sa croyance en Dieu et la manière dont elle définissait la nature humaine[3]. Jusqu'au printemps 1944, elle écrivit ses lettres pour elle seule, jusqu'au moment où elle entendit, à la radio de Londres, le ministre de l'Éducation du gouvernement néerlandais en exil dire qu'après la guerre il faudrait rassembler et publier tout ce qui avait trait aux souffrances du peuple néerlandais pendant l'occupation allemande. Il citait à titre d'exemple, entre autres, les journaux intimes. « Frappée par ce discours, Anne décida de publier un livre après la guerre, dont son journal devait fournir la base. Elle entama un travail de réécriture, corrigeant ou supprimant les passages qu'elle jugeait peu intéressants, et en ajoutant d'autres en puisant dans sa mémoire[4].. » Parallèlement, elle continua à écrire régulièrement son journal originel jusqu'à sa dernière lettre qui date du 1er août 1944. Le matin du 4 août 1944, l'Annexe fut découverte par les services de sécurité de la police allemande (Grüne Polizei) sur l'indication d'un informateur qui n'a jamais pu être identifié[5]. Mené par le Schutzstaffel Oberscharführer Karl Silberbauer du Sicherheitsdienst, le groupe comprenait au moins trois membres des services de sécurité de la police. Lorsque Silberbauer entre dans la maison, il semble savoir précisément où il doit se rendre. Il se dirige droit vers la « porte-bibliothèque » pivotante qui cache la porte d'accès à l'Annexe et exige qu'on l'ouvre. Silberbauer posta quelques hommes dans l'Annexe en attendant l'arrivée d'un véhicule pour emmener les clandestins. Alors qu'il interrogeait Otto Frank, Silberbauer vit une sacoche en cuir dont il vida le contenu, sans doute avec l'idée d'y trouver des bijoux. Elle ne contenait que des feuilles de papier et divers livres. Parmi eux se trouvait le journal d'Anne. Le SS demanda alors à Otto, présent dans la pièce, s'il se trouvait dans la cachette quelque bijoux ou de la monnaie. Otto Frank lui indiqua alors de la main les meubles contenant les quelques bijoux et monnaies en leur possession. Le nazi poursuivit son interrogatoire en demandant ensuite depuis quand ils vivaient reclus dans leur cachette. « Deux ans » lui répondit-on. Devant l'incrédulité du nazi face à une telle durée ; Otto Frank fit remarquer alors, sur le mur à côté de l'officier, de nombreux traits horizontaux marqués à l'encre violette. Ces diverses lignes étaient datées depuis le début de leur cachette (1942) et représentaient les poussées de croissance de Margot et d'Anne. Alors que l'officier indiqua à voix haute qu'il octroyait cinq minutes pour tous les clandestins pour réunir leurs affaires ; il continua de parler avec Otto Frank et fut particulièrement surpris d'apprendre que M. Frank était vétéran de la Grande Guerre, avec le grade d'officier dans l'Armée de Terre allemande au moment de l'armistice de 1918. Les occupants furent embarqués dans des camions et emmenés pour être interrogés. Victor Kugler et Johannes Kleiman furent emportés puis emprisonnés, tandis que Miep Gies et Bep Voskuijl furent laissées en liberté. Plus tard ils revinrent à l'Annexe où ils trouvèrent les écrits d'Anne, plus de 300 pages manuscrites, éparpillées sur le sol. Ils les récupérèrent ainsi que plusieurs albums de famille et Gies projeta de les rendre à Anne après la guerre. Les occupants de l'Annexe furent transportés au quartier général de la Gestapo où ils furent interrogés et détenus toute la nuit. Le 5 août ils furent transférés à la Huis van Bewaring (maison de détention), une prison surpeuplée sur le Weteringschans[6]. Deux jours plus tard les huit prisonniers juifs furent transportés à Westerbork, un camp de transit situé aux Pays-Bas. À l'époque plus de 100 000 Juifs y transitèrent. Ayant été arrêtés alors qu'ils se cachaient, ils étaient considérés comme criminels et furent donc envoyés aux baraquements de punition pour réaliser de lourds travaux[7]. Le 3 septembre, le groupe fut déporté avec ce qui fut le dernier convoi de Westerbork pour le camp d'extermination d'Auschwitz. Ils y arrivèrent dans la nuit du 5 au 6 septembre 1944, après un voyage de trois jours, puis furent séparés selon leur sexe.